Attaques racistes contre des bébés !

Chaque année, la presse locale salue le « premier bébé de l’année ». Mais, cette fois, une nuée de commentaires racistes s’est abattue sur les nouveaux-nés et leurs familles. Elle s’est répandue via les sites et comptes Facebook et X (ex-Twitter) des quotidiens régionaux. Le phénomène interpelle par son ampleur.

Des bébés sont visés dès le berceau par des attaques racistes !

Par Janie Arnéguy, Jean-Marie Fouquer, Robert Hirsch, Pablo Krasnopolsky1Membres du groupe « Lutte contre le racisme et l’antisémitisme, lutte contre les discriminations » de L’APRÈS.. Le  14 janvier 2026.

Chaque année, la presse locale relaie la traditionnelle information du « premier bébé de l’année ».

Mais, cette année, à la suite de cette publication, une nuée de commentaires racistes s’est abattue sur les nouveaux-nés et leurs familles. Elle s’est répandue via les sites et comptes Facebook et X (ex-Twitter) des quotidiens régionaux.

Après Zaïd à Avignon, ce fut le tour de Maryam à Arles, Kléony à Nantes, Naila à Denain. Puis de Yara-Zaina et Malya dans le Nord-Pas-de-Calais. Même Bastien à Perpignan fut visé parce que la photo le montre dans les bras de ses parents racisés. Partout en France, dès leur naissance, l’existence de ces enfants à peine né·es a été rejetée et instrumentalisée par une vague de haine.

Pourquoi ce torrent de commentaires avec insultes racistes, appels à la haine et même menaces de mort ? Parce que les prénoms de ces nouveaux-nés indiqueraient une origine et une religion musulmane supposées de l’enfant et de sa famille.

La critique des prénoms que les Français·es racisé·es donnent à leurs enfants est une obsession identitaire de longue date. Pour les racistes, « Ne pas choisir un prénom “français” est un signe de refus d’assimilation. » analyse Sylvain Crépon, sociologue et chercheur spécialiste de l’extrême droite (Mediapart, le 11 janvier 2026). Qu’importe si les personnes visées sont françaises depuis des générations !

Ce n’est pas un hasard si, parmi les auteurs de ces propos haineux, figure un délégué du parti Reconquête d’Éric Zemmour. Ce dernier a été condamné à deux reprises pour injure publique à raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion.

Ces attaques sur les prénoms sont utilisées pour répandre la « théorie » identitaire et complotiste du « grand remplacement ». Raciste, mensongère et dangereuse, elle circule, d’Éric Zemmour chez Reconquête à Jordan Bardella au Rassemblement national, en passant par Les Républicains. Amplifiée par CNews, elle peut même désormais paraître sur France Info sans être contestée.

Considérant avoir le vent en poupe, l’extrême droite se croit tout permis, jusqu’à projeter sa haine sur des bébés présentés comme symboles de menaces imaginaires.

Cette année, le phénomène interpelle par son ampleur. Nourri par les discours racistes et islamophobes issus de l’extrême droite, ce racisme décomplexé sort de la marginalité. Il s’installe, banalisé dans l’espace public, amplifié par l’anonymat et la viralité des réseaux sociaux.

L’APRÈS dénonce ces attaques inacceptables, apporte son soutien aux familles visées par ces actes odieux. Elle souhaite la bienvenue à leurs enfants.

Les réseaux sociaux et Internet ne sont pas des zones de non-droit. Les propos injurieux, diffamatoires ou incitant à la haine sont réprimés par la loi. L’APRÈS salue les initiatives de la Ligue des droits de l’Homme et d’autres associations antiracistes qui ont porté plainte pour que les auteurs de ces messages soient identifiés et poursuivis2https://www.ldh-france.org/attaques-racistes-contre-un-nourrisson-quand-la-haine-de-lextreme-droite-na-plus-aucune-limite/.

Il est urgent de rétablir l’exactitude des faits et des chiffres concernant l’immigration et de dénoncer racismes et discriminations. Se taire profiterait au RN et à ses acolytes. 

L’APRÈS appelle l’ensemble des forces de gauche à réagir d’urgence et à reprendre collectivement le combat contre tous les racismes.

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