Droit de manifester : inégalités
Les manifestations d’extrême droite du 21 janvier 2026 – en hommage au militant « identitaire » tué lors d’un accrochage – ont toutes été autorisées. En revanche, récemment, de nombreuses manifestations dont les organisateurs étaient de tendances opposées ont été interdites. Le gouvernement est visiblement sélectif en matière de droit à manifester.
Droit de manifester : deux poids, deux mesures
Par Jean-François Le Dizès. Le 25 février 2026.
Les manifestations de l’extrême droite du samedi 21 janvier en hommage au militant « identitaire » tué lors d’un accrochage avec la « Jeune garde » ont toutes été autorisées.
En revanche, dans un passé récent, de nombreuses manifestations – dont les organisateurs étaient de tendances opposées à l’extrême droite – ont été interdites :
- nombre de celles contre la réforme des retraites ;
- celle contre les méga-bassines à Sainte-Soline ;
- celle contre la LGV Lyon-Turin en Maurienne ;
- celles contre l’autoroute Toulouse-Castres ;
- nombre de celles de soutien au peuple palestinien.
Autant dire que le gouvernement pratique une politique sélective en matière du droit à manifester.
La Confédération paysanne dans le collimateur
Le meilleur exemple de discrimination est celui concernant des syndicats agricoles.
Si les trois organisations (FNSEA, Coordination rurale, Confédération paysanne) ont manifesté le 13 janvier séparément dans la rue leur opposition au traité du Mercosur, la FNSEA a pu le faire en toute tranquillité tandis que la manifestation de la Confédération paysanne a été réprimée.
Celle-ci se déroulait dans la cour d’une annexe du ministère de l’Agriculture. À cette occasion, 52 responsables de la Confédération paysanne ont été arrêtés et enfermés pendant 20 heures1Campagne solidaire de février 2026, p.6. Le fait qu’il n’y ait eu aucune poursuite judiciaire déposée contre les « 52 » est la preuve qu’ils n’ont commis aucune violence, aucun délit. D’ailleurs, à la suite de ces arrestations, des experts de l’ONU ont alerté sur la « criminalisation croissante » des mobilisations paysannes en France2Campagne solidaire de février 2026, p.10.
Quand la police se substitue à la justice
Ainsi, comme ce fut de nombreuses fois le cas lors des manifestations contre le projet de réforme des retraites en 2023, la police arrête et incarcère momentanément nombre de manifestants innocents rien que pour sanctionner leur participation à une manifestation de gauche.