Élection présidentielle au Portugal
Au Portugal, le premier tour de l’élection présidentielle avait lieu le 18 janvier. Un second tour sera nécessaire pour départager les deux candidats arrivés en tête : le socialiste Antonio José Seguro et le candidat d’extrême droite André Ventura. Notre camarade François Preneau dresse un premier bilan des résultats.
Bilan du premier tour de l’élection présidentielle au Portugal
Par François Preneau. Le 19 janvier 2026.
Pour la première fois depuis 1986, un second tour sera nécessaire pour élire le président de la République portugaise. Le 8 février prochain, le socialiste António José Seguro sera opposé au fasciste de Chega (Assez) : André Ventura.
Le premier tour a été marqué par la déroute électorale de Marquez Mendez, le candidat du PSD, la droite actuellement au pouvoir. Le premier ministre, Montenegro, a affirmé hier soir que son parti ne donnerait aucune consigne de vote pour le second tour.
À la gauche du PS, Catarina Martins (Bloc de Gauche) a modestement passé la barre des 2%, devançant cependant nettement le candidat du PCP, Antonio Filipe, et Jorge Pinto de Libre (parti éco socialiste).
Résultats définitifs
António José Seguro (PS) a obtenu 31,21 % des voix et André Ventura (Chega) 23,29 %. Seguro l’emporte dans tous les districts à l’exception de Faro et de la région autonome de Madère, où Ventura est arrivé en tête.
Arrivent ensuite dans l’ordre : Cotrim de Figueiredo, Initiative Libérale (16,01 %) ; Gouveia e Melo, candidat indépendant, (12,41 %) ; Marques Mendes, PSD la droite du Premier Ministre Montenegro (11,34 %) ; Catarina Martins, Bloc de Gauche (2,05 %) ; António Filipe, PCP, (1,65 %) ; Manuel João Vieira, (1,08 %) ; Jorge Pinto, Libre, (0,68 %) ; André Pestana (0,19 %) et Humberto Correia (0,08 %).
Réactions de nos camarades du Bloc de gauche
À l’annonce des résultats, Catarina Martins a d’abord reconnu que son résultat était « bien en-deçà de ce qu’elle espérait et de ce pour quoi elle s’était battue ».
Soulignant le « résultat très inquiétant de l’extrême droite et de la droite radicalisée », Catarina Martins a souligné que « tous les démocrates doivent être préoccupés par cette radicalisation de la droite » et que « la réponse immédiate doit être de voter au second tour pour António José Seguro, en gardant les yeux grands ouverts sur tous les combats qui vont suivre ».
Catarina Martins a remercié ceux qui ont voté pour elle, mais aussi « ceux qui, bien qu’étant d’accord avec moi, ont finalement voté pour António José Seguro », avec « la certitude que nous continuerons à nous retrouver dans les nombreux combats qui attendent la gauche ». « Je me suis lancée dans cette campagne pour briser les tabous », a-t-elle poursuivi, faisant référence au pays condamné à des bas salaires, à l’État qui continue à échouer dans les domaines de la santé et du logement, et à ceux qui affirment qu’une femme ne peut pas être présidente de la République. « Je n’ai pas obtenu le résultat que je souhaitais, mais je continuerai à me battre pour briser chacun de ces tabous au Portugal », a promis Catarina.
Dans un commentaire général sur les résultats, outre « une droite en pleine reconfiguration et trumpisation au Portugal », Catarina a souligné que « la débâcle de Marques Mendes est celle du gouvernement et de Luís Montenegro, les grands perdants de cette soirée ».
De son côté, José Manuel Pureza, le nouveau coordinateur national du Bloc de gauche, a souligné la « formidable campagne » menée par Catarina Martins « contre la politique de la peur et de l’agression, pour l’espoir, la démocratie, la solidarité, le logement et un système de santé public fort, pour les salaires et les retraites ».
À celles et ceux qui ont manifesté leur soutien à la campagne ces derniers jours, mais qui ont voté tactiquement pour António José Seguro, Pureza a déclaré : « Nous comptons sur vous pour lutter pour les salaires, le logement, les hôpitaux, les écoles et les droits des femmes ».
José Manuel Pureza a également souligné la « défaite retentissante du candidat du gouvernement », affirmant que « Luís Montenegro est le grand perdant de ce premier tour. Il peut même venir dire maintenant qu’il ne sait pas qui est Luís Marques Mendes, mais tous les Portugais connaissent l’ampleur de cette défaite du gouvernement ».
Enfin, le coordinateur du Bloco a déclaré que les élections présidentielles « ne se terminent pas aujourd’hui et que le Bloco ne se trompe pas et n’hésite pas quant à sa responsabilité ». Il proposera donc au Bureau national du parti, qui se réunit ce lundi, d’appeler à voter pour António José Seguro « afin de battre André Ventura et l’extrême droite » et d’organiser « la mobilisation totale du Bloco pour vaincre l’extrême droite au second tour ».