Élections municipales du 15 mars
La confrontation sur les budgets de l’État et de la Sécurité sociale occupe nos représentant·es. Face à la nouvelle vague de restructuration des industries de l’acier et de l’automobile, le Nouveau Front populaire reste trop silencieux sur les contre-plans nécessaires. Il doit se réinventer et se ressourcer par le bas.
Élections municipales du 15 mars : raffermir les droits des citoyennes et des citoyens
Par Eugène Bégoc. Le 25 octobre 2025.
La confrontation sur le budget de l’État et le cadrage de la Sécurité sociale occupe, à juste titre, nos représentant·es de gauche à l’Assemblée et au Sénat. La France est administrée par les préfets et par le ministère des Finances.
Nos responsabilités militantes sont donc grandes face à ce que la secrétaire nationale de la CFDT a qualifié de « musée des horreurs » en appelant, au nom de l’intersyndicale, à la journée de grèves et de manifestations du 18 septembre.
Face à la guerre économique…
La nouvelle vague de restructuration des industries de l’acier et de l’automobile entraîne actuellement les intersyndicales d’entreprises à faire bloc contre les donneurs d’ordre. Des licenciements massifs, voire l’abandon de sites entiers, sont annoncés un peu partout.
Dans la Somme, l’usine de plasturgie automobile de Poix-de-Picardie est sommée de fermer en juillet prochain. Plus étonnant, car uniquement liée à l’aplatissement de Bernard Arnault devant Trump, l’unité de flaconnage au nord d’Amiens se voit privée de toute nouvelle commande à l’échéance du 1er décembre. Une centaine de salarié·es direct·es dans chaque cas luttent pour une autre solution.
Ici ou là, des assemblées territoriales élues répondent aux demandes de relais des collectifs de salarié·es.
…des contre-plans nécessaires
En revanche, le Nouveau Front populaire reste encore l’arme au pied sur les nécessaires contre-plans à déployer face à cette guerre économique des multinationales.
Nous devons sortir de notre cécité et inscrire à l’ordre du jour de toutes les assemblées élues l’augmentation des salaires de toutes et tous et, tout aussi essentiel, le passage général aux trente-deux heures. Il en va de notre capacité à construire les alternatives politiques de réorganisation des collectifs de travail.
La mutation de l’économie et de la vie en société qu’exigent le dérèglement climatique et l’épuisement des ressources de la nature ne peut pas attendre. Écarter le risque de la dissolution va de pair avec la construction – par le haut et par le bas – de la riposte au « musée des horreurs ». Ceci, très loin des compromis que serinent les droites, de Macron à Philippe, de Barnier à Bayrou et maintenant Lecornu.
Nous ancrer au niveau municipal…
Le Nouveau Front populaire, lui, ne peut que se réinventer et se ressourcer par le bas. Il peut y parvenir dans l’élection des majorités municipales de gauche chaque fois que possible, dans la construction d’oppositions de gauche dignes de ce nom dans les autres cas.
L’ancrage territorial de notre citoyenneté est central. Petite enfance et école, bien vieillir, formation et transitions professionnelles, écologie et élargissement des services urbains, développement des individus par le sport et la culture, féminismes… se jouent d’abord à ce niveau.
Nous ne sommes pas dupes. Chacun de leur côté, Hollande et Mélenchon prétendent faire marquer des points à la gauche dans son ensemble le 15 mars prochain… en nous éparpillant. L’irresponsabilité est encore plus grande au sommet de l’État, qui fait perdurer la menace d’une dissolution mortifère. Elle achèverait de précipiter les Républicains dans le piège tendu par Le Pen.
Or, dans les élections municipales, le Rassemblement national et les Républicains ont des impératifs irréconciliables. L’espace démocratique est par conséquent moins fermé.
…en présentant des listes uniques
Il est donc possible de sortir des vieilles habitudes municipales prises depuis 1983 et les lois Defferre. L’ancrage territorial de la citoyenneté peut être raffermi par la gauche française en présentant des listes uniques dès le premier tour, du NPA à Place publique.
L’APRÈS, Génération·s, Debout, le PC, le PS, LFI, les Écologistes, Victoires populaires, les collectifs citoyens… ont quatre mois pour affronter les puissances médiatiques et institutionnelles et retourner contre elles les pièges qu’elles nous ont tendus.
Une autre gauche est possible, une autre société est possible.