Et la pauvreté ? Elle prospère, merci

Étienne Adam rappelle que la pauvreté prospère dans notre pays. En 2023, 9,8 millions de personnes vivaient sous le seuil de pauvreté monétaire, soit 15,9 % de la population. En 2024, 12,7 % de la population métropolitaine vivant dans un logement ordinaire était en situation de privation matérielle et sociale.

Et la pauvreté ? Elle prospère, merci !

Par Étienne Adam. Le 24 décembre 2025.

Entrée en vigueur le 1ᵉʳ février 2023, la réforme gouvernementale dite de « contracyclicité » réduit la durée d’indemnisation en cas de « conjoncture économique bonne »

L’UNEDIC estimait qu’à l’horizon 2027 – et sous l’hypothèse d’une conjoncture stable – les moindres dépenses pour le régime seraient de l’ordre de 4,5 Md€ par an.

Une note UNEDIC de décembre 2025 dresse un premier bilan des effets de cette réforme sur l’indemnisation des demandeurs d’emploi, 2 ans et demi après son entrée en vigueur :

  • Elle réduit de 25 % la durée potentielle d’indemnisation.
  • Elle s’applique à près de 9 allocataires entrants sur 10. Elle est en cours de montée en charge : fin juillet 2025, elle concernait 71 % des allocataires.
  • La durée potentielle des droits ouverts est désormais limitée à 18 mois maximum contre 24 mois auparavant. Le décret de 2023 a, quant à lui, entraîné une réduction de la durée potentielle pour tous les allocataires de tout profil.
  • Le nombre de personnes arrivant en fin de droit sans possibilité de rechargement – qui était en baisse depuis 2022 – est reparti à la hausse mi-2023. Il est passé de 41 000 à 70 000 fins de droit.

La contribution des chômeur·euses et des précaires à l’équilibre budgétaire par l’austérité est encore plus énorme si on considère les mesures de sanctions pour les RSA. Signalons que le non-recours au RSA – 34 % – représente une économie de 4Mds € !

Malgré cette contribution disproportionnée des plus fragiles, toute la droite veut encore aggraver ces dispositifs et faire payer encore plus les plus précaires.

Face à cette catastrophe sociale annoncée (organisée), il y a trop peu de réactions à la hauteur. Une mobilisation contre la pauvreté s’impose d’évidence.  C’est pourtant une grande majorité des salarié·es qui est concernée. L’enjeu est la dégradation des salaires et des conditions de travail. Dès aujourd’hui, des secteurs entiers ne fonctionnent qu’avec ces emplois « indécents » imposés aux diverses catégories de précaires, la pire étant celle des sans-papiers.

Sur un « marché du travail » entièrement dominé par le Capital, et ses outils dont France Travail, tous les moyens sont bons pour développer de plus en plus des formes de sous-emploi. Mais, qu’en sera-t-il quand la pauvreté touchera 1 foyer sur 5 ?