FLNKS : Accord de Kanaky 2025-2030

Le Front de libération nationale kanak socialiste avait annoncé, le 13 août, à Nouméa, qu’il rejetait l’accord de Bougival. Le FLNKS demandait la tenue des élections provinciales dès novembre. Opposé à l’accord de Bougival et à son complément du 19 janvier dernier, il entend signer avec l’État l’accord de Kanaky.

L’accord de Kanaky 2025-2030

Par Jean-Marie Fouquer. Le 8 février 2026.

Un retour historique est nécessaire pour comprendre la logique de ce texte adopté lors de la convention du FLNKS de Waho à Yaté, le 26 avril 2025.

De Nainville-les-Roches à Kanaky 2025-2030 : le chemin vers la souveraineté

Depuis la Déclaration de Nainville-les-Roches en 1983, la Nouvelle-Calédonie avance logiquement vers la décolonisation complète. Ce texte fondateur a posé les principes essentiels : abolition définitive du fait colonial par la reconnaissance de l’égalité de la civilisation mélanésienne, légitimité du peuple kanak premier occupant avec un droit inné à l’indépendance, et autodétermination encadrée par la Constitution française, étendue aux autres ethnies pour des raisons historiques. La France y est vue comme ayant vocation à favoriser ce processus via un statut d’autonomie interne évolutif.

En 1986, grâce au soutien du Forum des îles du Pacifique, l’ONU a inscrit la Nouvelle-Calédonie sur la liste des territoires non autonomes (Résolution 41/41A), affirmant son droit inaliénable à l’autodétermination et à l’indépendance.

Les Accords de Matignon-Oudinot (1988), signés par indépendantistes, non-indépendantistes et l’État, ont rétabli la paix civile et posé les bases d’un choix libre de l’avenir. Approuvés par 80% des Français lors du référendum du 6 novembre 1988, ils ont fixé un rééquilibrage économique, social et culturel, avec des provinces décentralisées, une formation massive de cadres kanak (Opération 400 cadres), et un corps électoral spécifique.

L’Accord de Nouméa (1998) a consolidé ces avancées en restaurant la dignité kanak, créant une citoyenneté calédonienne distincte, transférant progressivement les compétences régaliennes et organisant des référendums1https://fr.wikipedia.org/wiki/Accord_de_Noum%C3%A9a. Malgré ses succès (paix, institutions renforcées, progrès culturels), il n’a pas soldé le contentieux colonial : clivages persistants, rééquilibrage inachevé, et absence de pleine émancipation promise.

Le Front de libération nationale kanak socialiste a annoncé, le 13 août 2025, à Nouméa, qu’il rejetait l’accord de Bougival2Situation à hauts risques en Kanaky. Le FLNKS demandait également la tenue des élections provinciales dès novembre prochain.

Un accord de Kanaky en lieu et place de l’accord de Bougival

Opposé à l’accord de Bougival et à son complément du 19 janvier dernier, le FLNKS entend faire une contre-proposition et signer avec l’État l’accord de Kanaky.

L’Accord de Kanaky 2025-2030 (voir ci-dessous le texte intégral) propose une phase transitoire irréversible vers la souveraineté : Assemblée constituante, transfert des compétences restantes, nouveau titre constitutionnel français, et référendum final dans les 12 derniers mois du mandat suivant la signature. Garanti par un ancrage onusien contraignant, une juridiction internationale et des acteurs régionaux, il empêche toute régression unilatérale. La France accompagnera la transition économique (nickel, cohésion sociale), dans un lien renouvelé de respect mutuel.

Pour le FLNKS, la République de Kanaky-Nouvelle-Calédonie sera démocratique, laïque, protectrice de la diversité culturelle (socle kanak), maîtresse de ses ressources, et ouverte au monde océanien. C’est l’aboutissement du processus initié en 1983 : une complète émancipation, conforme à la Charte de l’ONU.

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