La rentrée sociale dépend de nous…
Des signes montrent des possibilités de mobilisation à la rentrée. Le succès de plusieurs pétitions le prouve. Pierre Cours-Salies insiste sur l’importance d’une mobilisation populaire. Il invite à discuter partout avec celles et ceux qui s’opposent à ce gouvernement et aspirent à une rupture avec le néolibéralisme et le productivisme.
La « rentrée sociale », dépend de nous… en partie
Par Pierre Cours-Salies. Le 6 août 2025.
Claude Debons a pris cette excellente initiative : « La rentrée sociale sera-t-elle chaude ? ». Tâchons de lui donner suite !
Oui, des signes montrent des possibilités de grande mobilisation, mettant en échec le budget préparé par le Premier ministre.
L’impasse dans laquelle se trouve Bayou, qu’il veut faire oublier en distillant des discours de complément par ses ministres, se heurte à ce qu’Etienne Adam a résumé « Bayrou ne trouve d’autres solutions que de poursuivre des recettes qui ont échoué. »1Bayrou : l’heure de vérité.
Son seul espoir, en fait, est que chaque catégorie et/ou chaque organisation représentative ne s’occupe que d’un dossier particulier.
Alors, il aurait des « argumentations » pour occuper les médias et jouer avec l’Assemblée nationale quand elle reprendra ses séances plénières courant septembre : On discute ! Tu causes… Et lui aussi. « Mais il y a mieux… ! »
Ce mépris de classe du gouvernement peut cristalliser la volonté de ne plus subir. Dans Libération du 1er août, Lilian Allemagna synthétisait : « L’injustice », ce sentiment qui menace d’emporter François Bayrou ».
Un fait est là : le succès de la Pétition intersyndicale adressée au Premier ministre par l’intersyndicale : CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, UNSA, FSU, SOLIDAIRES. « Budget : les sacrifices pour le monde du travail ça suffit ! » 300 000 dans les premiers jours d’août.
Malgré les flottements – en majeure partie dû aux relations exécrables alimentées par les polémiques électoralistes autour des enjeux de 2027 – retrouver une telle unité est le signe de ce que voient et entendent les militant·es et organisations syndicales.
Mais il y a – toute aussi importante – la crainte que des manifestations comme en 2023, avant les européennes et la dissolution, fassent tourner toutes et tous en bourriques.
Pour marquer la possibilité de gagner contre le gouvernement, ne négligeons pas deux autres signes, dans la situation.
Une évidence, en effet, s’est cristallisée – comme le dit Claude Debons2La rentrée sociale sera-t-elle chaude ? – par l’incroyable succès de la pétition lancée par une jeune étudiante contre la loi Duplomb.
Se mêlent dans un même mouvement, des préoccupations environnementales, des inquiétudes de santé publique, des exigences démocratiques, vu les conditions d’adoption de cette loi. Deux millions et plus : une révolte de la société civile en quelque sorte. Le Conseil constitutionnel a fait comme si sa censure pouvait porter sur un seul article… Tout le monde note un signe bien plus fort : la mobilisation citoyenne a créé les conditions de cette censure. Elle redonne espoir à toutes celles et ceux qui ont subi ces derniers mois une campagne de dénigrement systématique et de violence.
On peut observer des aspects semblables dans les diverses expressions d’un « APPEL pour le 10 septembre ». La volonté de peser pour que « ça change vraiment ». Bien évidemment, quand l’initiative trouve naissance hors des syndicats, elle est exploitée par des discours « antisyndicaux », d’origines composites.
Il y a le gauchisme verbal, avec plus ou moins de mots sonores anticapitalistes et aussi des manipulations directes de dirigeants d’extrême droite. De Michel Onfray à Florian Philippot, des ambitions encouragées par des agents de milliardaires plus ou moins religieux…
La bonne façon de faire face à ces confusions est de ne pas perdre beaucoup de temps à les disséquer. Nous avons un axe de réponse : faire progresser le Front populaire pour 2027 dès ces luttes de rentrée. Le mettre en œuvre est la meilleure voie.
Pour toutes les énergies disponibles, proposons des assemblées locales. Contre le budget de Bayrou, le texte de l’intersyndicale en dit beaucoup.
Affirmer les exigences déjà exprimées appelle des réunions pour discuter et savoir répondre aux arguments de la droite gouvernementale et aux confusions voulues par l’extrême-droite. Comme il avait été fait début 2005 pour défendre les arguments pour le NON au Traité européen. Il faut une vraie mobilisation populaire. Discutons. Dans des collectifs locaux du NFP quand ils existent, dans des réunions unitaires, ouvertes à toutes et tous sans perdre du temps à des conflits secondaires. Elles seront l’occasion de créer les liens nécessaires avec le Mouvement associatif (700 000 associations) et la Fondation pour le logement des défavorisés. Leurs subventions seront particulièrement frappées par les restrictions budgétaires.
Pour toutes celles et ceux qui s’opposent à ce gouvernement et qui aspirent à une rupture avec le néolibéralisme et le productivisme, il n’y a pas à tergiverser. Il faut être des éléments actifs pour la réussite de la mobilisation à la rentrée, dans nos syndicats ou associations bien sûr au premier chef, mais aussi dans les initiatives citoyennes diverses. Pour la défense des droits et libertés, contre le racisme…
Jusqu’où et comment peut se prolonger ce sursaut citoyen à la rentrée ?
Une autre pétition est en cours sur le site de l’Assemblée nationale (« Pour une contribution équitable des ultra-riches et des grandes entreprises au financement des services publics »). La bataille contre ce budget n’est pas une lutte économique qui pourrait se satisfaire de réponses techniques. C’est un débat sur la société que nous voulons contre la nouvelle féodalité qui a, aujourd’hui, un parfum de XIXe siècle. Ici, comme aux USA, il s’agit de s’unir contre l’oligarchie qui ne veut même plus nous laisser des miettes.
D’autres contributions verront le jour, espérons-le. Les axes de mobilisations et les références et engagements pour un programme de gouvernement sont en fait complémentaires.