Lecornu, l’Assemblée et le budget 2026

L’incertitude règne sur les projets du premier ministre le plus faible de la 5e république. Une chose est sûre : il entend brutaliser le service public au moins autant que ses deux prédécesseurs. Pour Eugèbe Bégoc, voilà sa mission : emmener les droites au maximum de victoires aux élections municipales.

Lecornu, l’Assemblée et le budget 2026

Par Eugène Bégoc. Le 29 septembre 2025.

Que se passera-t-il si le budget Lecornu n’est pas voté du fait de l’Assemblée nationale ?

La loi organique sur les lois de finances, élaborée par la gauche plurielle (publiée au JO du 1ᵉʳ août 2001), autorise dans ce cas le gouvernement à procéder par ordonnances. Jusqu’à présent, cela n’a jamais été utilisé. Mais est-il inconcevable que Lecornu ne vise pas ce recours ?

Une certitude : il entend brutaliser le service public au moins autant que ses deux prédécesseurs. La politique de « l’offre » et les soutiens à l’armement et au nucléaire restent eux dans le domaine réservé de l’Élysée.

La fonction du gouvernement en voie de constitution est également clairement établie : emmener les droites au maximum de victoires dans les grandes villes aux élections municipales. La gauche en effet y reste en position de forces, à la différence de l’essentiel des institutions territoriales.
Horizons et LR sont, sur cet objectif, deux béquilles indispensables au parti d’Attal, toujours en souffrance d’existence territoriale.

En surplomb du budget et des élections municipales, la mission du nouveau premier ministre est donc de solidifier « le bloc central ». La mission est une mission à temps plein car les tiraillements ne manquent pas entre les député·es de ces trois partis, entre leurs ministres et entre les ministres et les groupes parlementaires des droites.

L’Assemblée nationale dans sa tripartition – Nouveau Front populaire, « bloc central », et lepénistes – restera donc la cible élyséenne privilégiée. Au premier ministre, le soutien aux entrepreneurs mobilisés derrière le meeting du MEDEF du 13 octobre et l’intimidation de l’intersyndicale jugée irresponsable par « le bloc central ».

La marche à pas de tortue de l’exécutif a un prix élevé.

L’intersyndicale se retrouve sans interlocuteur. Les hôpitaux, l’éducation nationale, le secteur du logement, l’agriculture, la diplomatie… ont subi et subissent les atermoiements et les directives soudaines qui caractérisent l’exécutif depuis la crise des « gilets jaunes ».

L’enjeu de la journée interprofessionnelle du 2 octobre est celui-là : empêcher le gouvernement de poursuivre la politique de la chaise vide, contraindre le patronat aux très nécessaires augmentations des salaires.