Les confusions d’Eva Illouz

Répondant à une tribune d’Eva Illouz, Pierre Khalfa et un collectif rappellent que combattre l’antisémitisme ne passe pas par l’approbation du sionisme mais par la reconnaissance de droits égaux imprescriptibles pour tous les êtres humains, des luttes pour les droits de toutes et tous et, donc, pour ceux des Palestiniens.

Antisémitisme et sionisme, les confusions d’Eva Illouz

Par Pierre Khalfa et des membres du « Collectif Juives et juifs pour les droits du peuple palestinien ». Publié le 29 décembre 2025 sur le Club de Mediapart.

Dans une tribune au Monde publiée le 18 décembre, la sociologue Eva Illouz s’emploie à décortiquer les ressorts de l’antisémitisme, analyse d’autant plus nécessaire après l’horrible tuerie de Bondi Beach. Son analyse reprend la distinction classique entre la judéophobie, qui renvoie à la haine chrétienne des juifs, et l’antisémitisme, qui se réfère à « une théorie quasi sociologique traitant de l’influence juive sur la société ». Elle aurait pu, d’ailleurs, aller encore plus loin dans l’analyse de l’antisémitisme moderne en citant celui, « ontologique », incarné notamment par le philosophe et membre du parti nazi Martin Heidegger qui identifiait le juif à un ennemi métaphysique, irréductiblement étranger à l’enracinement et à l’authenticité du peuple.

Eva Illouz pose le postulat suivant : l’antisionisme relève de l’antisémitisme. Que l’antisionisme serve dans certains cas de paravent à une haine des juifs, cela n’est pas contestable. Cependant, cela ne justifie pas que l’on doive adhérer, sous peine d’être traité d’antisémite, à la doxa du sionisme, mouvement politique nationaliste visant à regrouper tous les juifs dans un même État.

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