Les Palestinien·nes, Netanyahu, Trump
Engène Bégoc et Roland Mérieux reviennent sur les résultats de la diplomatie française à l’ONU pour les Palestinien·nes. Ils pointent ses limites. Ils dénoncent la mise en scène de Trump et Netanyahu, le 29 septembre. Elle sert l’intérêt du Hamas et les objectifs de guerre du gouvernement d’extrême droite sioniste.
Le peuple palestinien, Netanyahu, Trump
Par Engène Bégoc et Roland Mérieux. Le 2 octobre 2025.
La diplomatie franco-saoudienne à l’ONU a eu quelques résultats, limités, mais réels.
Parallèlement toutefois, la guerre totale de l’exécutif et l’armée israéliens contre le Hamas progresse à pas de géants.
La participation du complexe militaro-industriel occidental aux bombardements des réfugié·es à Gaza, au Liban et en Syrie, quant à elle, ne se dément pas.
Le Jihad islamique avec l’appui du régime iranien, le Hamas soutenu par des factions des monarchies du Golfe et le FPLP héritier du jeu des al-Assad dans les camps de réfugié·es cherchent une issue. Leur objectif : trouver un rebond après leur quasi-destruction et leur isolement chez les réfugié·es. Ce sont ces dernier·ères qui paient le plus lourd tribut humain du choix du 7 octobre.
Seul le veto de la Ligue arabe suspend encore l’annexion de la Cisjordanie et l’achèvement du démantèlement de l’Autorité palestinienne.
La mise en scène de Trump et Netanyahu, ce 29 septembre, ressort donc comme une très lamentable et sinistre comédie.
Il y est annoncé que des agences de l’ONU, au côté du Croissant Rouge, participeraient à mettre en œuvre l’accord du 19 janvier 2025 sur l’aide humanitaire.
Trois faits contrecarrent ce dispositif virtuel : la destruction de l’UNRWA, le très long et très difficile retournement de l’état de famine et le maintien du filtrage par l’armée israélienne de la levée partielle du blocus envisagée.
Le Hamas voudrait une sortie voisine du départ des fedayin de l’OLP fin août 1982 de Beyrouth pour le Maghreb et le Machrek. Encore aurait-il fallu que la Ligue arabe intervienne dans le prétendu plan de paix.
On voit bien en quoi cette sinistre comédie sert l’intérêt du Hamas et les objectifs de guerre du gouvernement d’extrême droite sioniste. Seule la contrainte de figer les lignes de front lui est fixée.
En revanche, on cherche en vain l’intérêt des capitales européennes à voler au secours des administrations américaines et de ce énième fiasco de leurs politiques au Moyen-Orient depuis les attentats du 11 septembre 2001.
Les peuples européens sont concernés au premier chef par les guerres et les conflits du pourtour méditerranéen. Il revient aux gauches européennes de sortir de l’inaction sur un enjeu de sécurité et de solidarité aussi important que vis-à-vis de l’offensive russe contre le peuple ukrainien.