L’opposition à la guerre en Israël

L’opinion israélienne et le génocide à Gaza

Par Jean-Marie Fouquer. Le 2 septembre 2025.

Le 17 août 2025, l’État d’Israël a connu ce que ses organisateurs et les médias ont qualifié de « grève générale pour mettre fin à la guerre ». Il est vrai que le mouvement d’opposition à la façon dont Nétanyahou mène la guerre se développe et se radicalise.

Face à l’horreur du processus génocidaire en cours à Gaza, face à notre impuissance, nous espérons toujours qu’une opposition se lève en Israël et parvienne à stopper le gouvernement d’extrême droite de Benyamin Nétanyahou.

Cet espoir transparaît clairement dans le communiqué de l’APRÈS, présent sur ce site : « Le 17 août en Israël, grève générale ».

Mais qu’en est-il réellement ? N’avons-nous pas tendance, à chaque mobilisation, à projeter nos espoirs sur la réalité ?

Nous avons sélectionné trois articles qui apportent un éclairage sur les phénomènes en cours au sein de la société israélienne. Chacun d’entre eux prend un angle différent pour analyser les objectifs réels des mobilisations. La complémentarité des points de vue peut apporter des éléments de réflexion utiles à nos analyses. D’où ce focus.

De fait, à y regarder de plus près, les divergences avec la politique du Gouvernement israélien relèvent davantage d’une différence de degré et non de nature, en l’absence d’une remise en question des fondements colonialistes de la politique israélienne.

En tête article Orient XXI L'illusion d'une opposition démocratique en Israël

L’illusion d’une opposition démocratique en Israël

Par Nitzan Perelman Becker. Publié le

C’est un scénario connu, presque automatique. Il suffit qu’une voix s’élève contre le premier ministre Benyamin Nétanyahou et son gouvernement, qu’un geste de dissidence apparaisse dans l’espace politique ou public israélien, pour que les médias français réactivent un vieux récit rassurant : celui d’une opposition démocratique, libérale, progressiste, dressée face à un gouvernement d’extrême droite qui ne serait, au fond, qu’une parenthèse autoritaire dans l’histoire de l’État démocratique et exemplaire qu’est Israël.

Cette dynamique se révèle avec une netteté particulière aujourd’hui. Lorsque des centaines de milliers de personnes descendent dans la rue pour s’opposer au projet de Nétanyahou de maintenir un contrôle militaire permanent sur Gaza, les médias présentent ces mobilisations comme des appels pacifistes, libéraux ou humanistes contre la guerre. Cette lecture occulte pourtant leur véritable objectif, qui est avant tout la libération des otages. La fin du conflit y apparaît non comme une revendication en soi, mais comme un prix nécessaire, le seul moyen d’y parvenir. Le génocide en cours à Gaza et la catastrophe humanitaire qui frappe les Palestiniens restent largement absents de ces discours.

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 La suite de l’article de Nitzan Perelman Becker : « L’illusion d’une opposition démocratique en Israël »

L’opinion israélienne face au génocide à Gaza : mythes et réalités

Par Gregory Mauzé. Publié le 28 juillet 2025 sur Yaani.

Ces derniers mois ont illustré, si besoin en était, la détermination du gouvernement israélien à parachever le processus génocidaire en cours à Gaza. La rupture unilatérale de la trêve avec le Hamas le 18 mars a, en particulier, fait tomber le voile sur son désintérêt pour le sort des captifs du 7 octobre, dont la libération est au contraire la priorité de l’opinion. Le vent de la contestation d’une guerre qui aurait « perdu son sens » a alors pris une ampleur inédite, comme en atteste le taux record de 20 % de désertions dans l’armée.

Fait notable, plusieurs centaines de manifestants ont protesté le 5 janvier devant le ministère de la Défense en brandissant non pas les photos d’otages, mais d’enfants tués à Gaza, chose inimaginable au début du conflit.

Chez nous, le traitement médiatique de ces développements a accrédité l’idée d’un « réveil collectif » des Israéliens, selon les termes du correspondant de France Télévisions au Proche-Orient, et donc d’une prise de conscience des souffrances infligées aux Gazaouis. À l’appui de ce récit, les déclarations d’une série de figures réputées modérées, qui avaient jusqu’à présent contribué au consentement à l’écrasement de l’enclave côtière, telles qu’Élie Barnavi. « J’ai honte pour mon pays », confessait, le 26 mai sur le plateau de C Ce Soir, celui qui préconisait, aux premiers jours du conflit, de « soumettre Gaza à un tapis de bombes sans se poser de questions ».

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La suite de l’article de Gregory Mauzé : « L’opinion israélienne face au génocide à Gaza : mythes et réalités »

La contestation interne croissante du Premier ministre Benyamin Nétanyahou et de sa conduite de la guerre est loin d’aller jusqu’à une opposition tangible de la société israélienne à l’éradication de Gaza. On en est loin selon cet article.

Article de Yaani L'opinion israélienne face au génocide à Gaza

En réalité, les mobilisations récentes ne visent pas « la fin de la guerre » au sens large, mais poursuivent un seul objectif : exiger la libération des captifs et protéger la vie des soldats.

Article AFPS Alsace Sur la grève générale du 17 août 2025

Un autre point de vue sur « la grève générale » de dimanche 17 août en Israël et les objectifs des divers participants

Par MRAP-STRASBOURG – Yaani Blog. Le

Hier, l’État d’Israël a connu ce que ses organisateurs et les médias ont qualifié de « grève générale pour mettre fin à la guerre ». En réalité, cette mobilisation ne visait pas « la fin de la guerre » au sens large, mais poursuivait un seul objectif : exiger la libération des captifs et protéger la vie des soldats. De plus, loin d’être une véritable grève générale, seules certaines entreprises, institutions et administrations ont permis à leurs employés d’y participer, souvent de manière ponctuelle et désorganisée.

La comparaison avec 2023 est frappante : lors de la contestation contre la réforme judiciaire, et après le limogeage de son ministre de la Défense Yoav Gallant, une véritable grève générale avait paralysé le pays, jusqu’à fermer, pendant quelques heures, le principal aéroport d’Israël. Résultat : Netanyahou avait reculé et Gallant était resté en poste.

Mais la description de l’action comme « grève générale » est loin d’être le seul abus des médias. Ceux-ci n’ont cessé de présenter cette mobilisation comme visant avant tout à mettre fin à la guerre, insinuant que le génocide à Gaza – qu’ils qualifient au mieux de simple « catastrophe humanitaire » – ferait partie des préoccupations des manifestants israéliens. Or, il suffit d’écouter leurs discours, de lire leurs pancartes ou d’entendre leurs slogans pour comprendre que leur unique préoccupation, ce sont les captifs et la vie des soldats.

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La suite de l’article du MRAP-STRASBOURG – Yaani Blog : « Un autre point de vue sur « la grève générale » de dimanche 17 août en Israël et les objectifs des divers participants »


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