Protéger l’ordre colonial israélien

Le gouvernement français a l’habitude de discours de façade sur la situation en Palestine. Mais ces déclarations ne sont jamais accompagnées de mesures coercitives concrètes. De fait, la relation entre la France et Israël s’inscrit dans une solidarité entre puissances occidentales qui partagent des intérêts matériels et stratégiques étroitement imbriqués.

Du verbe à la force : comment l’État français protège l’ordre colonial israélien à Gaza

Par Mehdi Belmecheri-Rozental. Publié le 20 avril 2026 sur le site de Yaani.

La relation entre la France et Israël s’inscrit dans une solidarité entre puissances occidentales, qui partage des intérêts matériels et stratégiques étroitement imbriqués. Ce lien fait d’Israël un maillon structurant de la présence française dans la région.

En février dans une tribune au Figaro, Manuel Valls déclarait : « Si Israël tombe, nous tombons. Si Israël gagne, nous gagnons ». Cette formule sans détour révèle une interdépendance stratégique et hégémonique qui lie la France à Israël. Au-delà du discours sécuritaire jouant sur la peur, cette formule révèle une homologie idéologique : la France et Israël partagent avec d’autres une grille de lecture du monde qui légitime leur impérialisme respectif. Perdre la bataille hégémonique en Palestine, c’est ouvrir un livre que la France refuse d’ouvrir, celui qui raconte ses propres entreprises coloniales. Si le colonialisme israélien est nommé, reconnu, condamné, comment éviter que l’impérialisme français, passé mais aussi présent, du Levant à la Kanaky, ne soit lui aussi remis en cause ?

L’interdépendance entre la France et Israël place les gouvernements successifs face à une contradiction structurelle : défendre une alliance qui sert leurs intérêts économiques et leur participation à l’ordre impérialiste mondial, tout en se présentant comme défenseurs des droits humains et du droit international.

Deux dispositifs s’articulent pour y parvenir. Un discours hégémonique opérant sur deux registres : celui de la « guerre contre le terrorisme » et celui de la défense des droits humains, qui produit des condamnations symboliques sans acte, suffisantes pour maintenir une apparence de légitimité morale. Quand le consentement ne peut plus être fabriqué, la contrainte prend le relais ; des appareils juridiques et policiers répriment activement les voix contre-hégémoniques et criminalisent les opposants. Idéologie et coercition forment les deux faces d’un même maintien de l’ordre colonial.

La normalisation du soutien à Israël par le prisme de la guerre contre le terrorisme

Pour comprendre pourquoi la France reproduit mécaniquement la grille « guerre contre le terrorisme », il faut remonter à sa fabrication. […]

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