Rima Hassan et « la drogue »
Jeudi 2 avril 2026, de nombreuses rédactions ont propagé des fausses informations à propos de la garde à vue de la députée européenne LFI Rima Hassan. ACRIMED – observatoire des médias – analyse cet emballement et ce naufrage médiatique. Il démonte pas à pas les processus à l’œuvre et leurs dangers.
Rima Hassan et « la drogue » : fiasco médiatique, apothéose du journalisme policier
Par Jérémie Younes et Pauline Perrenot. Publié le
Jeudi 2 avril 2026, trop pressées de taper sur l’une de leurs cibles favorites, de nombreuses rédactions ont propagé des fausses informations à propos de la garde à vue de la députée européenne LFI Rima Hassan, distillées au goutte-à-goutte et en direct par leurs sources policières.
Ce naufrage médiatique illustre à merveille la dynamique du journalisme de préfecture, enclenchée par des services « police-justice » n’ayant aucun mal à fouler au pied les principes élémentaires du journalisme, pour peu que leur source fût la police.
Le 2 avril, Rima Hassan est une nouvelle fois entendue dans le cadre d’une procédure pour « apologie du terrorisme » à la suite de plaintes et/ou de signalements déposés par un député d’extrême droite, des associations pro-israéliennes et le ministre de l’Intérieur.
Auditionnée librement lors des convocations précédentes – treize procédures ont toutes abouti à un classement sans suite1Dans une communication à la presse du 2 avril, le parquet de Paris indique que Rima Hassan est mise en cause dans « 6 autres procédures toujours en cours, soit au parquet, soit confiées à la BRDP […]. Il n’y a pas de communication sur ces procédures toujours en cours ». –, la députée européenne est cette fois-ci placée en garde à vue pour un tweet effacé. L’affaire est instantanément (et massivement) médiatisée.
Donne-t-elle lieu à une présentation des faits équitable et pluraliste ? À des interrogations quant au recul des libertés publiques et au caractère coercitif de cette garde à vue ? À un débat sur la judiciarisation à géométrie variable des expressions publiques relatives à la question « Israël-Palestine » ? À des mises en perspective sur la criminalisation de la solidarité avec la Palestine en général, et, en particulier, des activités politiques de la juriste franco-palestinienne ?
La plupart du temps, non : le journalisme dominant ne se pose pas ces questions – ou alors dans ses marges2Une fois n’est pas coutume, signalons que le billet de Thomas Legrand dans Libération (4/04) constitue une goutte de pluralisme au sein des grands médias..
Comme au printemps 2024, les grands médias légitiment au contraire la (ré)pression et, dans la droite ligne du traitement stigmatisant qu’ils réservent à Rima Hassan, participent pleinement à la co-construction d’une séquence à charge. Et tous les coups sont (de nouveau) permis.
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