Rôle des Émirats Arabes Unis au Soudan

On parle trop peu de la situation au Soudan. On explique encore plus rarement le rôle qu’y jouent les Émirats Arabes Unis. D’où notre focus sur cet article qui dénonce leur politique de sous-impérialisme qui combine extraction économique, construction d’alliances autoritaires et contre-révolution. Le Soudan leur sert de laboratoire.

Soudan : derrière les massacres, le rôle des Émirats Arabes Unis

Par Husam Mahjoub. Publié le 27 décembre 2025 sur le site de LVSL.

L’ingérence des Émirats Arabes Unis (EAU) au Soudan ne doit rien au hasard. Elle fait partie intégrante d’un projet abondamment financé et d’envergure régionale : une politique sous-impérialiste qui combine extraction économique, construction d’alliances autoritaires et contre-révolution. Le Soudan fait office de laboratoire de la diplomatie économique émiratie, fondée sur le pillage de l’or et l’expansion logistique.

Menaces pour l’ordre émirati

Les racines du rôle destructeur des Émirats au Soudan remontent à plus d’une décennie. En 2011, les Émirats (avec l’Arabie saoudite) considèrent le Printemps arabe comme une menace existentielle pour les régimes autoritaires de la région et pour leur propre mode de gouvernement – une monarchie rentière reposant sur la coercition, la corruption et l’étouffement de la contestation. La chute de Ben Ali en Tunisie et celle de Moubarak en Égypte, et la montée de mouvements démocratiques en Libye, au Yémen et à Bahreïn, sont pour les dirigeants émiratis les signes avant-coureurs d’une tempête qui doit être contenue à tout prix.

Les Émirats deviennent alors une force qui n’est pas simplement réactionnaire, mais activement contre-révolutionnaire. En Égypte, ils financent le coup d’État qui amène au pouvoir Abdel Fattah al-Sissi et aident à la reconstruction de l’appareil répressif égyptien. En Libye, ils soutiennent la guerre que mène Khalifa Haftar contre le gouvernement reconnu internationalement, guerre qui mène à une division de fait du pays. Et au Soudan, les Émirats tissent des liens étroits avec le régime d’Omar el-Béchir et, dans les années qui suivent, renforcent leur alliance avec les Forces de soutien rapide (FSR). […]

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