Turbulences au Bloc de gauche

Mariana Mortagua, coordinatrice nationale du Bloc de Gauche, a annoncé qu’elle quittera ce poste lors de la Convention nationale des 29 et 30 novembre ainsi que son mandat de députée à l’issue du débat budgétaire. Elle a rendu publique une lettre aux adhérent·es expliquant sa décision. Nous la publions.

Fortes turbulences politiques chez nos camarades portugais du Bloc de Gauche

Par François Préneau. Le 4 novembre 2025.

Logo du Bloc de gauche

Mariana Mortagua, coordinatrice nationale du parti, a annoncé qu’elle quittera ce poste lors de la Convention nationale des 29 et 30 novembre — où cinq motions sont en concurrence — ainsi que son mandat de députée à l’issue du débat budgétaire.

Elle sera remplacée au palais de Sao Bento, en rotation, par Andreia Galvão, 25 ans, et Fabian Figueiredo, 36 ans.

Lors de la réunion de la direction nationale qui s’est tenue le 27 octobre dernier, la coordinatrice nationale Mariana Mortagua a rendu publique une lettre aux adhérent·es annonçant qu’elle allait quitter son poste de coordinatrice nationale. 

La lettre de Mariana Mortágua aux membres du Bloc de gauche (traduction automatique)

Camarades,

Il y a deux ans et demi, lorsque j’ai décidé de me présenter à la direction du Bloc de gauche, j’étais conscient des difficultés politiques auxquelles la gauche et notre parti étaient confrontés. Après l’effondrement de la majorité absolue du PS et le renforcement de la droite et de l’extrême droite, il était nécessaire de trouver d’autres voies.

Je crois que cet objectif n’a pas été atteint. Non seulement parce que l’espace électoral du Bloc a continué de se réduire, mais aussi parce que le renouvellement que nous avons entrepris à l’époque s’est avéré insuffisant pour relancer notre intervention sociale.

La politique, comme la vie, est faite de nous et de nos circonstances. Au cours de ces deux ans et demi, la ruée des campagnes électorales successives a privé notre réflexion interne de temps et d’espace et a entravé une transformation efficace du fonctionnement du Bloc. Le leadership que j’ai dirigé a été incapable d’inverser la centralisation excessive de la structure du Bloc et de créer un nouvel élan politique et électoral. Nous sommes bien conscients des campagnes de haine engagées de nos adversaires, mais la vérité est que nous n’avons pas réussi à les neutraliser.

Compte tenu de ce constat, et maintenant que j’ai terminé le mandat qui m’a été confié lors du dernier Congrès, je vous informe que j’ai décidé de ne pas briguer un nouveau mandat de coordinateur du Bloc de gauche. Je prends cette décision avec la sérénité que m’a apportée le soutien constant de tous mes camarades tout au long de cette période. Je le fais car je crois que le Bloc gagnerait à compter, au sein de sa coordination et au Parlement, des personnes mieux placées pour faire entendre la voix du parti que celles que j’ai actuellement. Il appartiendra à chacune des motions présentées lors du prochain Congrès de présenter ses alternatives de direction. La pluralité nous renforce.

La gauche en général, et le Bloc de gauche en particulier, traverse une période difficile, et pas seulement dans notre pays. Au Bloc de gauche, nous sommes fiers de rassembler différentes générations, expériences et sensibilités qui jouent un rôle essentiel dans la lutte populaire au Portugal, dans les luttes pour l’emploi, le logement, contre les guerres et pour l’autodétermination des peuples du monde.

Nous vivons une époque comme la nôtre, et le Bloco possède l’histoire, les idées, la cohérence et la combativité nécessaires pour y faire face et surprendre une fois de plus ceux qui osent nous attaquer. Nous n’avons pas peur et nous vaincrons les nouveaux fascistes et toute oppression grâce à la force de l’idée socialiste. Je m’engagerai sur cette voie, comme je le fais depuis près de vingt ans. J’ai confiance en ce parti, en ceux qui le font. Vous pouvez compter sur moi.

Um abraço

Mariana

Le Bloc de gauche parviendra-t-il à reconstruire son espace politique ?

Cette décision est venue deux semaines après les élections municipales du 12 octobre et le nouveau tassement électoral du Bloc de gauche.

Les législatives de mai 2025 avaient été un revers électoral — une seule députée à Lisbonne — pour le Bloc et toute la gauche.

Les élections municipales ont largement confirmé la « droitisation » électorale du Portugal et le tassement de la gauche radicale. Ce, sans que l’extrême-droite n’en sorte victorieuse.

Dans la résolution tirant le bilan de ces municipales, le Bloc de gauche souligne que « Les résultats des élections municipales constituent une défaite qui confirme ses difficultés électorales déjà évidentes dans les élections précédentes, européennes et législatives.

Dans de nombreux districts et municipalités, le Bloc se retrouve pour la première fois sans représentation municipale.

Le résultat est, en général, très négatif et nécessite une réflexion fondamentale sur la reconstruction de l’espace politique du Bloc et son intervention et le dialogue populaire et local, bien au-delà des instances municipales et de ces élections ».

« Le Bloc maintient une élue au conseil à Lisbonne, mais en perd quatre – à Almada, Porto, à Salvaterra de Magos … Toute la représentation municipale est fortement réduite dans tout le pays.

Le Bloc perd 62 élu·es dans les assemblées municipales, conservant cependant 20 mandats, dans les municipalités suivantes :

  • sur une liste de coalition, Figueira da Foz, Portimão, Lisbonne, Oeiras, Loures, Odivelas, Almada, Barreiro, Seixal, Santiago do Cacém,

  • sur une liste citoyenne, Montijo;

  • sur des listes autonomes, Porto, Coimbra, Torres Novas, Moita, Vila do Porto et Horta »

Dans les Freguesias – assemblées locales –, le Bloc de gauche conserve 31 élu·es, alors qu’il disposait de 159 élu·es sortants.

Autre conséquence de cet échec, « sur les 85 listes auxquelles le Bloc a participé, seulement 25 ont obtenu des résultats qui donnent accès à la subvention de l’État pour couvrir les coûts de la campagne électorale. »

Assemblée de Coimbra Mars 2024 © Esquerda net

José Manuel Pureza à l’assemblée de Coimbra Mars 2024 © Esquerda net

Sauf énorme surprise, c’est l’ancien député, José Manuel Pureza, 66 ans – candidat de la motion A qui regroupe l’essentielle de la direction du Bloc de gauche – qui devrait être désigné coordinateur national du Bloc de gauche lors du congrès des 29 et 30 novembre.

La prochaine échéance électorale au Portugal, sera l’élection présidentielle du 25 janvier 2026.

Pour cette élection, le Bloc de gauche soutient la candidature de Catarina Martins, actuelle députée européenne et précédemment coordinatrice nationale du parti.

Cinq semaines après son congrès, la candidature de Catarina Martins permettra-t-elle au Bloc de gauche de commencer « la reconstruction de son espace politique » ?

C’est pour nos camarades du Bloc de gauche l’un des enjeux de ce nouveau rendez-vous électoral.

Pour compléter, vous pouvez consulter sur notre site :