Vers quelle transition énergétique ?
Jean-François Le Dizès interroge les choix du gouvernement. Quel est le sens de la mesure sur les passoires thermiques ? Quelles mesures visent à la réduction de la consommation énergétique ? Quelles mesures pour réduire le fret, inciter à consommer davantage les produits locaux et à développer le ferroutage ?
Vers quelle transition énergétique allons-nous ?
Par Jean-François Le Dizès. Le 26 avril 2026.
La non-réhabilitation des logements passoires
Notre Premier ministre Sébastien Lecornu vient d’annoncer la possibilité de louer à nouveau les logements qui sont des « passoires thermiques ». Est-ce opportun alors que les problèmes énergétiques s’aggravent ? Est-ce le meilleur moyen pour résoudre le problème du logement, qui est en effet criant : 2,8 millions de demandes d’HLM non satisfaites1https://www.capital.fr/immobilier/logement-social-un-nouveau-record-de-demandeurs-alarme-les-bailleurs-1513684, 39 500 expulsions de logements en 20252https://www.fondationpourlelogement.fr/nouveau-record-dexpulsions-locatives-lexpulsion-est-la-pire-des-solutions/. La mesure prise par Lecornu n’est-elle pas la conséquence du désengagement progressif de l’État dans le logement social ?
Rien pour les transports publics
Par ailleurs, les mesures prises par le gouvernement en matière de déplacements depuis le début de la crise du Moyen-Orient ne vont pas non plus dans le sens de la réduction de la consommation énergétique. Aucune mesure n’a en effet été prise pour inciter les personnes à utiliser les transports publics, bien moins énergivores.
Si, pour les agriculteurs, il n’y a pas d’alternative au gas-oil pour utiliser leurs tracteurs, les « grands rouleurs », grands consommateurs d’énergie, peuvent en cherchant bien en trouver une, du moins partiellement. Si certains de ces automobilistes, comme les auxiliaires de vie, ne roulent pas sur l’or, ce sont leurs revenus qui doivent être revalorisés et non l’octroi d’indemnités pour frais de carburants. Réduire les taxes sur les carburants, c’est inciter les gens à perpétuer l’usage massif de la bagnole et donc aller à l’encontre de la transition énergétique.
Aucune alternative aux camions de proposée
L’augmentation du prix du carburant n’est-elle pas l’occasion de réduire le fret, de consommer davantage les produits locaux et de développer le ferroutage ?
Et si le courant ne passait plus
Pour résoudre les problèmes énergétiques, notre gouvernement table sur le tout électrique. C’est méconnaître le goulot d’étranglement que connaît l’approvisionnement des matières premières pour la confection des batteries ; c’est perpétuer l’usage des centrales nucléaires, qui, en temps de guerre, sont des bombes atomiques potentielles.
Au lieu de subventionner la consommation d’énergie, le gouvernement ne devrait-il pas, par exemple, davantage financer le logement social ?