Gilbert Achcar tente un bilan de deux ans de guerre génocidaire et de son résultat potentiel. Pour lui, le Hamas aurait dû adopter une approche plus « responsable » dès le départ pour épargner à Gaza la dévastation. Au final, il est contraint d’accepter un plan américain inégal et humiliant.
Un bilan amer, deux ans après le début de la catastrophe
Par Gilbert Achcar. Le 8 octobre 2025.
Malgré les intenses efforts d’Israël pour commémorer les événements tragiques du 7 octobre 2023 et la forte sympathie occidentale dont il bénéficia à la suite de l’opération Déluge d’al-Aqsa, ce qui domine la conscience mondiale aujourd’hui – deux ans après l’opération – est avant tout la tragédie bien plus grande que l’État sioniste a infligée depuis lors au peuple de Gaza et de la Palestine.
La reconnaissance que les actes d’Israël au cours des deux dernières années constituent un génocide est maintenant largement acceptée par les experts et l’opinion publique dans les pays occidentaux traditionnellement favorables à Israël. Un sondage récent montre que près de 40 % des Juifs américains reconnaissent eux-mêmes qu’« Israël a commis un génocide » (10 % restent indécis). Aujourd’hui, seule une minorité dans les pays occidentaux – ainsi que les gouvernements et les organisations qui restent pro-israéliens – nient la réalité de ce génocide. […]




