Nous vivons actuellement une crise politique aiguë. Emmanuel Macron est-il à l’écoute des Français ? Président des riches, Macron refuse d’admettre que ses partisans sont minoritaires à l’Assemblée nationale. Mais la constitution de la Vᵉ République est également responsable de la crise actuelle. Voilà ce que dénonce Jean-François Le Dizès.
Crise du macronisme ou crise de la Vᵉ République ?
Par Jean-François Le Dizès. Le 9 octobre 2025.
Nous vivons actuellement une crise politique aiguë. À qui la faute ?
Est-ce la faute à Macron ?
Depuis qu’il est président de la République, Emmanuel Macron est-il à l’écoute des Français ?
Par exemple, qu’a-t-il retenu du « Grand débat » qu’il avait organisé en 2019 ou des 149 propositions de la « Convention citoyenne sur le climat » convoquée par lui la même année ? Qu’a-t-il retenu des manifestations massives contre sa réforme des retraites ou du puissant mouvement scolaire de Seine-St-Denis du printemps 2024 contre le délabrement ? D’autres présidents avant lui, même de droite, avait davantage écouté « la rue » : par exemple de Gaulle en 1968 ou Chirac au sujet du CPE. Plutôt que d’écouter la rue, Macron a préféré faire l’usage de la matraque, notamment à Sainte-Soline. C’est seulement sous Macron que la France a été plusieurs fois épinglée par le Haut-commissariat aux Droits de l’Homme de l’ONU.
Président des riches, Macron n’a jamais augmenté le SMIC. Il a désindexé les minima sociaux et les allocations logement, réduit les allocations chômage. Il a aussi diminué les impôts sur les riches : suppression de l’ISF, baisse des impôts sur les bénéfices des entreprises et sur les dividendes des riches via la flat tax ou Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) 1https://fr.wikipedia.org/wiki/Pr%C3%A9l%C3%A8vement_forfaitaire_unique. Il a enfin fortement augmenté les aides aux entreprises.
Alors que c’est la conséquence de sa politique, Macron refuse d’admettre que ses partisans sont minoritaires à l’Assemblée nationale. Ce qui est sans précédent sous la Vᵉ République.
Une constitution désuète
Mais la constitution de la Vᵉ République est également responsable de la crise actuelle. En effet, on peut, ces jours-ci, se rendre compte qu’elle accorde des pouvoirs insensés au président de la République. Par ailleurs, rien n’empêche un quelconque élu de pratiquer une politique opposée à ses promesses électorales. Le meilleur exemple est le cas du candidat François Hollande. Durant sa campagne pour l’élection présidentielle de 2012, il avait déclaré « Mon véritable adversaire, c’est le monde de la finance ». Il fera pourtant adopter, une fois élu, sa loi « travail » antisociale. Et les électeur·rices trompé·es n’ont aucune possibilité de demander la révocation de l’élu malhonnête !
Ce hiatus entre les promesses et les actes provoque une démobilisation de plus en plus grande des électeurs, notamment dans les couches populaires.
En outre, contrairement à d’autres pays comme la Suisse, le peuple ne peut pas réellement proposer de référendum sur un sujet précis. Il n’a le droit de voter que sur des personnes, c’est-à-dire sur « trente-six » sujets à la fois, traités dans les programmes des candidats.
Notes
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