Les derniers soubresauts ministériels marquent la fin du soi-disant dépassement du clivage gauche-droite. LR a repris sa liberté. En cas d’élections législatives, nos libertés publiques seraient en grave danger. L’impératif à gauche est clair : Quel que soit le scrutin, une seule candidature de gauche dès le premier tour !
Lecornu n°2 : la fin de la fiction du « bloc central »
Par Eugène Bégoc. Le 15 octobre 2025.
Le Nouveau Front Populaire avait rejeté l’utilisation du 49-3 sur le projet de financement de la Sécurité sociale de Barnier : les lepénistes avaient fait de même, portant la censure à 331 voix.
Le gouvernement Lecornu numéro 2 aborde les soixante dix jours d’examen du budget 2026 dans une situation peu éloignée.
Différence centrale : la détermination de l’intersyndicale à rejeter en bloc Macron et MEDEF sur les retraites a payé. La mobilisation syndicale et politique reprend ses droits pour vingt-sept mois.
La continuité s’affirme, par contre, sur tout le reste des clivages entre droites et gauche : exonération fiscale massive pour les grands groupes ; coupes budgétaires imposées aux communes, associations, régions et départements ; baisse de la couverture santé pour toutes et tous, y compris remise en cause de l’aide médicale de l’État arme de défense sanitaire…
Plus encore qu’à l’Assemblée, le rapport de forces se jouera dans les entreprises et dans les journées d’action du mouvement social.
Du côté de Lecornu, nul besoin de la Constitution pour effectuer ses travaux comptables. La loi organique sur les lois de finances de 2001 donne le dernier mot au gouvernement au terme des 40 jours de débat à l’Assemblée, des 20 jours au Sénat et des 10 jours de commission mixte entre le Sénat et l’Assemblée.
Pour le parti de Macron, sa crédibilité de « chargé d’affaires » du milieu des affaires n’est pas entamée. Ce qui est en question avec les derniers soubresauts ministériels, c’est la fin d’un moment transpartisan qui a vu prospérer les prétentions à dépasser le clivage gauche-droite.
On peut partager le constat que le chancre Le Pen a été porté à ce niveau électoral en raison de l’affaissement des deux partis-État de la 5ᵉ République.
En décembre 2016, l’aveu d’empêchement de Hollande signait la faillite du parti « de la gauche réaliste » dont l’obsession de passer en force la casse du droit du travail avait eu raison de la mobilisation intersyndicale. L’affairisme de Sarkozy et Fillon venant au grand jour au même moment, le duel en préparation RN – LR cédait le terrain au duel RN – En Marche.
À la surprise générale ce 4 octobre, on vient d’entendre le coup de sifflet du match retour : LR a repris sa liberté et souffre toujours du syndrome Ciotti.
Cette cacophonie des droites ne doit pas occulter l’essentiel : toute décision présidentielle reconvoquant des élections législatives relèverait désormais de l’irresponsabilité la plus totale.
Retailleau vient de donner le point à une ennemie de quarante ans, une Le Pen qui est depuis toujours humiliée des mauvaises manières de « l’État RPR » et qui n’a de cesse de le voir en cendres.
Paradoxalement, le lâchage gouvernemental du ministre le plus liberticide du moment vient d’accroître très fortement le danger pour nos libertés publiques.
Lecornu se définit comme l’occupant le plus faible de Matignon depuis 1958. Mais un adversaire faible n’en est pas moins un adversaire dangereux, souvent imprévisible et facilement brutal.
L’impératif à gauche est pressant.
Quel que soit le scrutin, et d’abord les élections municipales du 15 mars 2026, il faut une seule candidature de gauche dès le premier tour.
Construisons des comités électoraux de citoyens dans chaque ville, chaque département. Avec une animation pluraliste et plurielle.
Pour combattre sur les marchés, dans les entreprises et du conseil municipal à l’Assemblée : le blocage des salaires, les carences de l’enseignement, « l’étatisme écolo de convenance », l’insuffisance de couverture des risques de maladie et de vieillesse…
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