Les organisations syndicales françaises expriment une forte opposition au projet de budget 2026 de l’État et de la Sécurité sociale. Un budget globalement austéritaire et injuste. Focus sur le courrier de Sophie Binet aux parlementaires pour diffuser largement son argumentaire sur le financement des mesures défendues par son organisation syndicale.

À propos du budget de l’État et de la Sécurité sociale

Par Jean-Marie Fouquer. Le 26 octobre 2025.

CP intersyndical 20-oct-25

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L’intersyndicale a salué la suspension de la « réforme » des retraites comme une « première avancée ». Pour les syndicats, elle est à mettre au crédit de la mobilisation sociale et du rejet très majoritaire par la population.

Toutefois, aucune illusion : « Pour nos organisations syndicales, la suspension ne peut qu’être un préalable à l’abandon de la réforme in fine. »

Mais surtout, elles expriment une forte opposition au projet de budget 2026 de l’État et de la Sécurité sociale, qu’elles qualifient globalement et à juste titre d’« austéritaire » et d’ « injuste ».

Les syndicats dénoncent notamment le gel des prestations sociales (allocations familiales, RSA, prime d’activité, etc.) pour 2026, ce qui entraînera une perte de pouvoir d’achat pour les ménages les plus fragiles, sans revalorisation prévue malgré l’inflation.

Ils soulignent que ces réductions d’effectifs aggraveront la crise des services publics, notamment à l’hôpital, où l’objectif national des dépenses d’assurance maladie (Ondam) est considéré comme irréaliste et déséquilibré.

Les syndicats s’opposent fermement à l’ « année blanche » (non-revalorisation des retraites et prestations sociales en 2026), qui entraînera une perte de pouvoir d’achat pour les retraités et les plus précaires. Ils demandent une indexation des pensions et des prestations sur l’inflation.

Ils dénoncent le déséquilibre actuel, où les efforts demandés pèsent surtout sur les ménages modestes et les services publics.

Pour toutes ces raisons, l’intersyndicale demande aux parlementaires « de supprimer les mesures d’austérité annoncées et d’élaborer un budget de justice sociale et fiscale garantissant un haut niveau de protection sociale, des services publics renforcés et des investissements vers une transition écologique et industrielle juste et de haut niveau. »

Les confédérations syndicales appellent à maintenir la pression par des actions dans les entreprises, les services et les administrations, et demandent aux parlementaires de rectifier profondément le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026.

Lettre de Sophie Binet aux parlementaires
2025 LETTRE CGT AUX PARLEMENTAIRES BUDGET 2026 ÉTAT et SÉCURITÉ

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Nous avons choisi de faire focus sur le courrier que Sophie Binet – secrétaire générale de la CGT – a adressé à l’ensemble des parlementaires.

D’abord parce qu’elle s’appuie sur le rejet d’une illusion.

Au-delà des annonces, la proposition du premier ministre, en réalité plus un décalage qu’une réelle suspension, est loin d’être satisfaisante :

  • elle ne concerne que les générations de 1964 à 1968 ;
  • ces personnes ne partiraient que trois mois plus tôt que ce que prévoit la réforme (et non pas à 62 ans et 9 mois) ;
  • l’application de cette disposition entérinerait l’âge de départ à 64 ans ;
  • pire, cette suspension ne concernerait même pas les carrières longues (celles et ceux qui ont commencé à travailler avant 20 ans).

D’autre part parce que son argumentation contre les mesures prévues dans le projet de budget est clair.

Mais essentiellement parce qu’elle rappelle que la CGT en l’occurrence a proposé des moyens multiples pour financer le budget de l’État et de la Sécurité sociale sans faire tout reposer sur les travailleurs, les travailleuses, les malades et les retraité·es.

Or, dans les débats qui ne manqueront pas, nous avons besoin de disposer bien sûr d’arguments contre les mesures austéritaires.

Mais il nous faut montrer également qu’un autre budget est possible. Un budget de justice sociale et fiscale qui ne fasse pas reposer tous les efforts sur les plus vulnérables.

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