La baisse de l’aide internationale des pays riches est un scandale. C’est le cas de la France. Le chef de l’ONU alerte même sur son « effondrement financier imminent ». De nombreux programmes devraient cesser avec pour conséquence une mortalité en nette hausse pour des dizaines de millions d’êtres humains.
Aide internationale : catastrophe humanitaire mondiale annoncée dans les mois à venir
Par Vincent Buard. Le 10 février 2026
Une aide internationale en baisse
La baisse de l’aide internationale des pays riches est un scandale. C’est le cas pour l’aide fournie dans le cadre de l’Aide publique au développement comme pour leur financement spécifique.
L’OCDE1https://fr.wikipedia.org/wiki/Organisation_de_coop%C3%A9ration_et_de_d%C3%A9veloppement_%C3%A9conomiques fournit des statistiques sans ambiguïté : : « Statistiques finales de l’OCDE sur l’aide publique au développement (APD) et les autres apports vers les pays en développement en 2024 ».
Pour la France, l’aide publique au développement (APD) est passée de 6 milliards (assez bas) à 3,5 milliards en 2 ans, soit une baisse de 42 %, dont 22 % pour le budget de 2026.
De 2017 à 2023, la Macronie avait augmenté de 40 % son financement de l’APD. Nous en sommes donc revenus au point de 2017. Mais, dans un contexte plus morose : annulation de l’essentiel de l’« aide humanitaire » des USA. Ces derniers étaient son principal financeur mondial (opéré par les Nations unies ou des ONG). Notons qu’à leur tour, les Nations unies financent de nombreux projets et ONG.
De 2022 à 2023, l’évolution du financement de l’APD a montré qui étaient ses mauvais élèves comme la France (-11 %) et les bons comme l’Australie (+7,6 %) et le Canada (+5,5 %). Cette tendance s’est poursuivie en France jusqu’au budget 2026.
La note de synthèse sur les données préliminaires de l’aide publique au développement en 2024 le constate : « En 2024, l’APD totale a reculé de 7.1 % en termes réels par rapport à 2023. »
Rappelons que l’objectif initial de 0,7 % du revenu national brut de chaque pays pour l’APD (objectif fixé par l’OCDE dans les années 70) n’a jamais été atteint par la France et recule actuellement. Il est présentement situé de 0,4 % en dessous et représente 0,45 % seulement du budget de l’État.
Un risque d’effondrement financier de l’ONU
Guttierres – secrétaire général en fin de mandat – craint l’effondrement financier de l’ONU. Il en annonce même l’imminence : « Le chef de l’ONU alerte sur son « effondrement financier imminent » ».
Cela signifierait l’arrêt de l’approvisionnement en aliments du Programme alimentaire mondial (principal organisme mondial du secteur). Ce dernier est particulièrement vital au Soudan. Mais, il est indispensable dans les camps de réfugiés du monde entier : Birmans au Bangladesh, Somaliens à la frontière kenyane, au Sud-Soudan où la guerre civile reprend, etc.
Cela sonnerait l’arrêt des activités du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) qui gère pratiquement tous les camps de réfugiés du monde. Il en irait de même pour l’UNRWA, sous le regard gourmand des partis suprémacistes israéliens. Comme de l’OMS dont l’importance mondiale est reconnue par les soignants, notamment dans l’analyse et la réponse aux épidémies, etc.
De premières conséquences
En réalité, depuis l’an passé, les rations alimentaires par personne ont été diminuées dans plusieurs pays, au point d’être parfois la moitié de ce qu’elles devraient apporter en calories.
Les ONG ferment déjà des projets par centaines dans le monde, en raison de la fermeture de l’USAID. C’est aussi la conséquence de la forte baisse de l’APD de l’UE et de celle des financements des Nations unies.
Ce cauchemar – presque surréaliste tant son ampleur nous dépasse – devrait se réaliser ce semestre si aucun correctif financier n’est apporté.
Sonner l’alarme
Ne s’agira-t-il pas alors de crimes contre l’humanité de la part de plusieurs gouvernements, dont le nôtre ?
Ne nous revient-il pas – comme militants de gauche – de contribuer à mettre l’accent – malgré les échéances électorales – sur ce recul honteux de l’APD et ce possible « effondrement financier de l’ONU » ? Nous savons pourtant qu’il rejaillirait sur de nombreuses ONG avec une mortalité en nette hausse pour des dizaines de millions d’êtres humains.
L’APRÈS en particulier, la gauche radicale en général devront être prêts à demander des comptes à ce gouvernement !
Notes
- 1






