Au Portugal, le candidat de l’extrême droite à la présidentielle a été battu. Toutefois, ce courant connaît une progression fulgurante. François Preneau partage l’analyse tirée par le Bloc de gauche. La gauche portugaise doit prioritairement se rassembler pour œuvrer à la relance des mobilisations sociales et défendre la démocratie constitutionnelle.
Portugal : et maintenant résister face à l’offensive de la droite contre les droits et la démocratie !
Par François Preneau. Le 12 février 2026.
Défaite du candidat fasciste
La nette défaite de Ventura, le candidat fasciste, au second tour de la présidentielle portugaise est une bonne nouvelle.
Avec près de 67 % des suffrages, et malgré le refus de la droite gouvernementale de se prononcer contre le candidat de Chega, le socialiste Antonio José Seguro a rassemblé celles et ceux qui n’acceptaient pas le retour à un « salazarisme » du 21ᵉ siècle, passant de 1 755 000 voix au 1ᵉʳ tour à 3 482 000 voix au second, quand Ventura obtenait 1 320 000 voix au 1ᵉʳ tour et 1 720 000 au second. Soulignons que l’écart électoral est encore plus important à Lisbonne où le nouveau président Seguro a obtenu 76,9 % des suffrages exprimés et à Porto 78 %.
Mais progression fulgurante de l’extrême droite
Cependant, nous ne pouvons, hélas, guère nous réjouir de cette séquence électorale même si l’échéance présidentielle se termine le mieux possible, quand l’extrême droite connait une progression fulgurante – ce parti n’avait obtenu que 1,69% aux législatives de 2019 – au point de rassembler, à ce second tour, près d’un électeur sur trois !
Contre la loi travail et pour la démocratie constitutionnelle
Comme l’a déclaré José Manuel Pureza, le nouveau coordinateur du Bloc de gauche : « Il ne suffit pas de battre l’extrême droite pour répondre aux attentes de la majorité du peuple. Il faut faire preuve de courage, et cela commence par bloquer le paquet de mesures de la loi travail », ajoutant : « C’est ce que le président de la République doit faire si le gouvernement décide d’imposer ce paquet de mesures contre la volonté de la majorité des travailleurs du pays ».
La trajectoire politique du président Séguro – socialiste de nom, libéral de fait – ne plaide guère en faveur d’une telle fermeté. C’est dire que la gauche portugaise doit avant tout se rassembler pour œuvrer à la relance des mobilisations sociales. Comme l’ont affirmé nos camarades du Bloc de gauche dans leur dernière résolution politique :
Face à la radicalisation croissante de l’hégémonie de droite, il est nécessaire de démontrer concrètement son utilité dans les luttes pour la défense des droits et de la démocratie constitutionnelle…
La grève générale du 11 décembre a ouvert une brèche politique majeure, permettant au mouvement syndical, à la cause des travailleurs et à la gauche de reprendre l’initiative et une place centrale dans l’action et le débat politiques. Les manifestations de cette journée ont également été significatives, avec la participation de personnes extérieures au milieu syndical, notamment un nombre important de jeunes.
La lutte pour la défense de la dignité des travailleurs a pris une place centrale, tout comme les revendications salariales, le droit au travail et la lutte contre la précarité de l’emploi, détournant ainsi le débat politique de l’agenda identitaire et sécuritaire de l’extrême droite et démontrant que la politique du gouvernement en matière d’emploi est minoritaire au sein de la société portugaise.
Ce déplacement du débat public, des enjeux identitaires et sécuritaires de l’extrême droite vers les questions du travail, des salaires et de la précarité de l’emploi, a confirmé le caractère minoritaire de la politique du gouvernement en matière d’emploi au Portugal. Quelle que soit l’importance que les médias accordent à d’autres sujets, les mois à venir devraient voir une intensification de la lutte sociale et politique, la priorité étant donnée à la promotion d’initiatives de grande envergure renforçant la résistance contre l’offensive de la droite contre les droits sociaux et la démocratie constitutionnelle.
Le Bloc de Gauche affirme sa place unique dans l’espace démocratique portugais et s’engage fermement à construire des convergences unifiées au sein du mouvement social et syndical, permettant l’émergence de majorités sociales pour renforcer les droits et la démocratie.
Une orientation dont la validité s’étend bien au-delà du Portugal.
Tempête Kristin : l’irresponsabilité sans bornes de l’ultralibéralisme portugais face à la crise climatique.
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