La guerre d’Iran a débuté le 28 février 2026. Le président américain Donald Trump en a ainsi défini les objectifs : la destruction des capacités balistiques et militaires de l’Iran, la prévention de l’accès à l’arme nucléaire et, à terme, le renversement du régime des mollahs. Où en est-on ?

À qui profite la guerre d’Iran ? Quel nouveau régime ?

Par Jean-Marie Fouquer. Le 12 avril 2026.

La guerre d’Iran de 2026 a débuté le 28 février 2026 par une opération militaire conjointe américano-israélienne consistant en des frappes aériennes sur l’Iran

En réponse, l’Iran a déclenché une vague de représailles massives à travers le Moyen-Orient sur l’île de Chypre et au Caucase.

Le président américain Donald Trump a ainsi défini les objectifs de l’intervention : la destruction des capacités balistiques et militaires de l’Iran, la prévention de l’accès à l’arme nucléaire et, à terme, le renversement du régime des mollahs.

L‘opération a suscité les condamnations des Nations unies et de plusieurs États qui dénoncent le non-respect du droit international et une déstabilisation du Moyen-Orient.

Aux États-Unis, des critiques juridiques se sont élevées, qualifiant les frappes d’illégales au regard du droit interne américain.

Mais, ce sont aussi les fluctuations du discours de Trump qui suscitent interrogations et critiques. Le sénateur démocrate Mark Warner a ainsi pu déclarer : « Il s’agissait de la capacité nucléaire iranienne, quelques jours plus tard, il s’agissait de détruire les missiles balistiques, c’était alors – selon les propres mots du Président – un changement de régime… et maintenant on entend dire qu’il s’agit de couler la flotte iranienne ».

L’ensemble des pays du monde s’inquiète des conséquences de cette guerre sur l’économie et en particulier sur les prix des carburants. Tout le monde est d’accord sur le fait que les compagnies pétrolières réalisent des bénéfices considérables.

La question n’est donc pas de savoir si la guerre au Moyen-Orient permettra de tels bénéfices — mais de savoir à combien ils se chiffreront, qui en bénéficiera, et si les gouvernements auront la volonté d’intervenir.

Un premier article de la revue Le Grand Continent donne des informations très claires à ce sujet.

La guerre en Iran et au Moyen-Orient enrichit les plus grandes fortunes — et pénalise les autres.

Dans une étude quantitative exclusive, les économistes Isabella Weber et Gregor Semieniuk s’appuient sur des données inédites de la crise énergétique de 2022 pour quantifier la redistribution cachée de la manne fossile dans la bataille d’Ormuz.

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À qui profite la guerre d’Iran ? Bénéfices et économie politique du choc d’Ormuz

Par Gregor Semieniuk et Isabella Weber. Publié le 15 mars 2026 sur le site de Le Grand Continent.

Points clefs
  • Alors que le prix du Brent a dépassé les 100 dollars le baril à la suite du déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, de nouvelles recherches révèlent ce qu’on sait déjà : un groupe très restreint de personnes va s’enrichir considérablement.
  • Si les populations du monde entier devraient faire bientôt face à une nouvelle crise du coût de la vie — la hausse des prix du pétrole, du gaz et des engrais entraînera bientôt celle de tous les biens qui utilisent ces produits comme intrants —, les bénéfices tirés de la flambée des prix de l’énergie ne s’évaporent pas pour autant : ils atterrissent, principalement, dans les portefeuilles de ceux qui sont déjà riches.

Quant au changement de régime, s’il a eu lieu, il n’est certainement pas celui qui était attendu. C’est ce que montre un second article de cette même revue.

Le nouveau régime des Gardiens : comment l’État iranien s’est renforcé dans la guerre

Par Azadeh Kian. Publié le 9 avril 2026 sur le site de Le Grand Continent.

La guerre a été présentée par Donald Trump comme une guerre de changement de régime. De nombreux dirigeants iraniens ont été tués, dont le Guide suprême. Pourtant, la République islamique est toujours en place. Est-ce que le régime iranien sort renforcé de ces quarante jours de guerre ?

Malgré l’assassinat d’un certain nombre de ses dirigeants, le régime a en effet montré sa résilience face à deux des armées les plus puissantes au monde, l’armée américaine et l’armée israélienne. Dans ce contexte, le régime a pu survivre, voire se renforcer puisqu’ils ont montré qu’ils avaient prévu pour chaque poste décisionnaire des substituts, parfois jusqu’à trois ou quatre personnes.

Pourquoi l’élimination ciblée des maîtres de Téhéran et de leurs alliés n’a-t-elle pas permis de tuer le régime ?

Pour la sociologue franco-iranienne Azadeh Kian, on assiste en Iran à une profonde mutation : la République islamique s’est transformée en un « Régime des Gardiens » — un État militariste qui s’est renforcé en resserrant son contrôle de la société civile.

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