Adoptée en plein été, la loi Duplomb incarne la dérive productiviste de l’agriculture française : pesticides relégitimés, mégabassines sacralisées, élevage industriel facilité, contrôle environnemental affaibli. Mais la colère citoyenne monte, avec l’espoir d’un autre modèle. Face à cette offensive de l’agrobusiness, une réponse émerge : la Sécurité sociale de l’alimentation.
Contre la loi Duplomb, pour la vie : la Sécurité sociale de l’alimentation comme alternative
Par L’APRÈS. Le 19 juillet 2025
Adoptée en plein été, la loi Duplomb incarne la dérive productiviste de l’agriculture française : pesticides relégitimés, mégabassines sacralisées, élevage industriel facilité, contrôle environnemental affaibli.
Mais la colère citoyenne monte, et avec elle l’espoir d’un autre modèle. Face à cette offensive de l’agrobusiness, une réponse émerge : la Sécurité sociale de l’alimentation, une proposition concrète, démocratique, écologique et solidaire.
Loi Duplomb : loi pour le cancer, contre le vivant, contre les paysan·nes
Le 8 juillet 2025, l’Assemblée nationale a adopté la loi Duplomb, écrite en grande partie par la FNSEA et portée par les sénateurs Duplomb et Menonville. Ce texte régressif, validé par 316 voix contre 223, est une attaque en règle contre la santé publique, les biens communs et le monde paysan. Derrière l’alibi de la « simplification administrative », la loi Duplomb :
- rouvre la porte à l’utilisation de pesticides neurotoxiques interdits (dont certains néonicotinoïdes),
- facilite la construction de mégabassines en les déclarant d’« intérêt public majeur »,
- privatisant ainsi l’eau au profit d’une minorité d’exploitants agro-exportateurs, encourage l’élevage industriel, en doublant les seuils d’animaux avant déclenchement des contrôles environnementaux,
- place la police de l’environnement sous tutelle préfectorale, au détriment de son indépendance,
- et tente, malgré un recul de dernière minute, d’affaiblir l’indépendance scientifique de l’Anses.
Une loi contre la santé, contre la démocratie, contre les paysans, contre le vivant.
Au-delà de ces dispositifs techniques, cette loi soutient aussi un modèle agricole tourné vers l’exportation, toujours plus dépendant des règles du marché mondial. En facilitant les grandes cultures intensives et les filières agro-exportatrices, elle renforce la soumission des agriculteurs aux fluctuations de prix dictées par les négociants et les marchés internationaux. En 2025, malgré des rendements de blé records, les prix se sont effondrés – ce sont les grands groupes de négoce qui y trouvent leur compte, pas les producteurs. La France produit déjà de quoi couvrir 140 % de ses besoins alimentaires, tout en exportant environ 50 % de sa production. Cette orientation fragilise notre souveraineté alimentaire réelle.
Cette mobilisation peut encore grandir. Il est essentiel de faire signer massivement la pétition pour franchir un nouveau cap […].
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-3014
Une vague citoyenne contre la loi Duplomb : colère saine, mobilisation éclair
Mais cette loi n’est pas passée inaperçue.
En quelques jours, plus de 280 000 personnes ont signé la pétition « Non à la loi Duplomb », lancée par une étudiante en santé environnementale. Rien qu’en 30 heures, 200 000 signatures supplémentaires ont été recueillies, saturant temporairement les serveurs de l’Assemblée nationale. Cette mobilisation exprime une colère juste, partagée et profondément démocratique.
Elle dit non à un modèle agricole productiviste qui ruine les sols, empoisonne l’eau, détruit la biodiversité, aggrave les dérèglements climatiques et menace notre santé collective.
Elle dit non à une agriculture pilotée par les intérêts de l’agrobusiness, au détriment des habitant·es, des paysan·nes et des écosystèmes.
Mais cette colère ne se limite pas au rejet : elle appelle une alternative.
Et cette alternative existe.
Face à la loi Duplomb : la Sécurité sociale de l’alimentation comme horizon démocratique et écologique
Face à cette loi pour le cancer, pour l’agro-industrie, contre le vivant, il est urgent de faire connaître et de porter politiquement un projet radicalement opposé : la Sécurité sociale de l’alimentation (SSA).
Il est temps de changer de cap. Pour sortir de cette dépendance aux marchés mondiaux, garantir des revenus stables aux paysan·nes et retrouver une véritable souveraineté alimentaire, un autre modèle est nécessaire.
La SSA n’est pas un simple dispositif technique. C’est une vision de société, un nouveau contrat social et écologique, fondé sur la justice, la santé publique, la solidarité et la démocratie.
- Elle garantit un revenu digne aux paysan·nes, en sécurisant la demande, en les libérant de la tyrannie des marchés mondiaux et en accompagnant la transition vers l’agroécologie.
- Elle assure une alimentation de qualité pour toutes et tous, bonne pour la santé, en quantité suffisante, sans intrants toxiques ni dépendance à la grande distribution.
- Elle préserve les ressources naturelles — eau, air, sols, biodiversité — en favorisant les circuits courts, les pratiques durables, locales et résilientes.
- rend aux habitant·es le pouvoir de décider de ce qu’on produit, transforme, consomme : en bref, elle démocratise l’alimentation.
Le gouvernement est soumis aux lobbies et veut satisfaire chacun sans avoir de vision globale et à long terme. La loi Duplomb s’inscrit dans une vision court-termiste de la politique où la seule préoccupation est le prochain résultat électoral. Il est temps que la démocratie reprenne ses droits et que l’ensemble de la société soit écouté pour satisfaire l’esprit public auquel doit aspirer une république digne de ce nom.
La loi Duplomb est le produit d’un système à bout de souffle. La SSA, c’est le chemin d’un autre monde. Celui que beaucoup commencent à désirer, à imaginer, à construire.
Ne ratons pas ce moment. Faisons grandir l’alternative !




