Il y a 80 ans, Hiroshima et Nagasaki

Quatre-vingts ans après Hiroshima et Nagasaki, avec Poutine et Trump, la menace nucléaire redevient d’une sinistre actualité. L’Humanité n’est pas à l’abri d’un dérapage incontrôlé. Jean-Louis Griveau nous rappelle que la bataille pour l’abolition des armes nucléaires portée par ICAN (International Campaign to Abolish Nuclear Weapons) est toujours aussi importante.

Il y a 80 ans, Hiroshima et Nagasaki

Par Jean-Louis Griveau. Le 8 août 2025.

Les bombardements atomiques
Hiroshima après l'attaque à la bombe atomique © Imperial War Museum

Hiroshima après l’attaque à la bombe atomique © Imperial War Museum

Il y a 80 ans, le 6 août 1945, le bombardier Enola Gay larguait la première bombe atomique de l’Histoire sur la ville de Hiroshima. Plus de 80 000 personnes y ont été tuées, instantanément pour une grande partie d’entre elles. Beaucoup d’autres moururent de leurs blessures dans les jours et semaines suivantes. Trois jours plus tard, le 9 août, c’est la ville de Nagasaki qui était rasée par le feu nucléaire, entraînant la mort brutale de 40 000 personnes1Bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki.

Des milliers de personnes ont continué pendant des années – voire des dizaines d’années – à subir dans leur chair les conséquences de ces bombardements.

Longtemps, la décision de recourir à l’arme nucléaire a été présentée comme une opération indispensable pour faire capituler le Japon et accélérer la fin de la Seconde Guerre mondiale. Des chercheurs ont établi depuis qu’elle avait surtout pour but d’envoyer un message fort à « l’allié » soviétique qui préparait une offensive en Extrême-Orient et aurait pu prendre pied sur le territoire du Japon.

Un arsenal nucléaire disséminé

Le gouvernement états-unien pensait sans doute que son avance technologique dans la maîtrise de l’atome lui aurait assuré un monopole de longue durée. Mais dès 1949, l’URSS était dotée de l’arme atomique. De ce fait, l’Humanité entrait dans une nouvelle ère faite de course aux armements et de chantage à l’apocalypse.

Neuf États disposent aujourd’hui de l’arme nucléaire : États-Unis, Russie, Royaume-Uni, France, Chine, Israël, Inde, Pakistan, Corée du Nord. D’autres aspirent à la posséder (Iran, Arabie Saoudite, …).

Ce petit club continue à développer et à moderniser son arsenal nucléaire, y compris les États signataires du Traité de Non Prolifération – États-Unis, Russie, Royaume-Uni, France, Chine – en violation même de ce Traité. La France y consacre quelque six milliards d’€ par an et prévoit d’en augmenter encore le montant pour les années qui viennent.

Une sinistre actualité

Quatre-vingts ans après Hiroshima et Nagasaki, alors qu’on aurait pu espérer que la fin de la guerre froide conduise à un démantèlement de ces arsenaux, la menace nucléaire redevient d’une sinistre actualité.

La rhétorique guerrière d’un Poutine menaçant les Pays de l’OTAN depuis le début de son agression en Ukraine et les gesticulations récentes d’un Trump mettant en alerte ses deux sous-marins nucléaires sont loin d’être anecdotiques.

L’Humanité n’est pas à l’abri d’un dérapage incontrôlé. Il y a eu des précédents, comme en 1983, où une défaillance technique dans leur système d’alerte aurait pu conduire à une riposte soviétique à une attaque américaine qui… n’existait pas. Il aura fallu que l’officier soviétique de permanence, le colonel Petrov, désobéisse aux procédures pour éviter le pire (regarder le documentaire « Guerre froide : l’homme qui sauva le monde »).

Pour l’abolition des armes nucléaires

C’est pourquoi la bataille pour l’abolition des armes nucléaires portée par ICAN (International Campaign to Abolish Nuclear Weapons) est plus urgente que jamais.

Un puissant mouvement d’opinion reste à développer pour que la France signe le Traité d’Interdiction des Armes Nucléaires (le TIAN). Un Traité aujourd’hui signé par plus de 160 États – 74 l’ont ratifié – et qui est entré en vigueur le 22 janvier 2021, rendant les armes nucléaires illégales au regard du droit international.

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