Le gouvernement a essuyé le 2 avril un sévère camouflet. Son projet de loi constitutionnelle relatif à la Nouvelle-Calédonie s’est heurté à une motion de rejet adoptée par 190 voix contre 107. Cette motion a été défendue par Emmanuel Tjibaou. La mobilisation aux côtés du peuple kanak doit se poursuivre.
Kanaky : rejet du projet de réforme constitutionnelle
Par le GT International de L’APRÈS. Le 5 avril 2026.
Le gouvernement a essuyé le 2 avril un sévère camouflet : son projet de loi constitutionnelle au sujet de la Nouvelle-Calédonie s’est heurté à une motion de rejet adoptée par 190 voix contre 107. Cette motion a été défendue par Emmanuel Tjibaou.
Pour sa part, Sébastien Lecornu confirme qu’il ne veut « ni immobilisme, ni passage en force ».
Si sa mobilité l’a précipité dans une impasse, son refus du passage en force aurait dû le dissuader de s’entêter, malgré tous les avertissements d’un échec prévisible, à maintenir un tel projet .
Celui-ci revient en effet à valider l’accord de Bougival, auquel s’oppose le FLNKS. Et aussi à reporter une fois de plus des élections provinciales qui, après quatre reports, doivent se tenir le 28 juin (n’est-ce pas Sébastien Lecornu qui, en 2021, pour imposer le troisième référendum malgré le deuil Kanak post-Covid, expliquait qu’« en démocratie les élections se tiennent à l’heure prévue » ?). L’objectif étant que ces élections aient lieu une fois permis le dégel du corps électoral, question qui fut à l’origine de l’explosion de 2024.
Ne pas chercher à passer en force implique de prendre en compte que le FLNKS considère que Bougival est «en rupture avec le processus de décolonisation », car ne garantissant pas l’autodétermination du peuple Kanak et son droit légitime d’accéder à la pleine souveraineté, et porte le risque d’une partition du pays que souhaitent certains. Mais aussi d’entendre d’autres forces qui, tout en étant partie prenante de l’accord de Bougival, considèrent qu’on ne peut avancer sans le FLNKS, qu’il convient donc de réouvrir les discussions.
Il ne peut en effet y avoir de solution qui écarte le FLNKS, et décidée par un État français qui tergiverse quant à la reconnaissance du droit à l’indépendance de la Kanaky/Nouvelle-Calédonie, préalable à la recherche de possibles formes d’association avec la France.
Les forces de droite, ici et là-bas, récusent cette perspective. De ce fait on peut craindre que le gouvernement, malgré le nouvel échec que sa politique vient de subir, s’évertue à inventer d’autres mauvaises formules. Telle une prétendue « consultation des Calédoniens », prônée par Metzdorf représentant de la droite extrémiste caldoche, avec l’idée qu’elle donnerait crédit au bricolage de Bougival. Et permettrait une ouverture du corps électoral définie unilatéralement, alors que celle-ci, faute d’être décidée de manière consensuelle, ne peut qu’être contraire aux engagements de la France et au droit international, donc au risque d’un nouvel embrasement.
Contre ces manœuvres et les dangers en résultant, la mobilisation aux côtés du peuple Kanak est plus que jamais à l’ordre du jour.

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