Les élections municipales sont l’occasion pour l’Alliance pour une République Écologique et Sociale (L’APRÈS) d’avancer. Elles ne sont comparables à aucune des élections municipales précédentes. L’assaut du lepénisme est à un tournant. C’est donc avec les socialistes, écologistes, communistes et avec tous les privé·es de gauche que l’Alliance peut agir.
L’Alliance en ordre de marche pour les élections du 15 mars ?
Du PLFSS au comité de quartier
Par Eugène Bégoc. Le 21 décembre 2025.
Bercy contre l’authenticité budgétaire
Chacun·e est en mesure de décrypter le fil conducteur de l’exécutif dans l’affaire du budget 2026. Multiplier les chausse-trappes à l’Assemblée nationale aggrave le cadre budgétaire régressif de 2025. Cette absence de vote laisse entiers les pouvoirs des directions du ministère de l’Économie et des Finances.
De fait, les coupes drastiques dans le financement des territoires s’imposent de toute façon aux assemblées élues, avant même leurs propres votes budgétaires. Sont mis à l’arrêt : les secteurs du logement, de la santé et du grand âge. De même que les grands réseaux de l’eau, de l’énergie, du traitement des déchets. Le tissu culturel s’atrophie. Les missions de remédiation sociétale, l’appui aux victimes des violences intra-familiales régressent… L’inauthenticité et la médiocrité du pilotage budgétaire connaissent un nouveau rebond. Macron, huitième président élu au suffrage universel, s’inscrit en connaissance de cause dans les pas des sept précédents.
L’heure est donc à faire un premier bilan de l’action des député·es du Nouveau Front populaire.
On savait par avance qu’on y trouverait des aptitudes très différentes à dialoguer avec les salarié·es, leurs associations, leurs syndicats. De même concernant la préoccupation de connaitre les besoins sociaux en rencontrant les associations de parents d’élèves, de malades, de vieux…
On pouvait donc espérer, non pas un mouvement général, mais que, dans un nombre significatif de circonscriptions législatives, se pérennisent des assemblées citoyennes NFP. Rien de tel au moment de la confrontation Lecornu.
PLFSS et recul gouvernemental
Ce manque est gravissime. Un seul exemple à l’appui de cette affirmation. Le recul de l’exécutif sur sa « réforme » centrale, la retraite par répartition, appelait la convocation partout de ces assemblées NFP afin que les délégué·es des syndicats s’en emparent et prolongent la mobilisation des 10 et 18 septembre.
De mon point de vue, il fallait à l’Assemblée voter avec les député·es socialistes pour le PLFSS Lecornu. Autrement dit, non pas voter pour se conformer à l’opinion moyenne à gauche à Bondy, Chauny ou Flixecourt, mais voter pour conforter la mobilisation déterminante sur l’enjeu retraite, la mobilisation intersyndicale et l’arrimage de son aile modérée à l’axe central de la retraite par répartition et de la sortie du chômage de masse.
Comment expliquer, à moins de trois mois d’un scrutin essentiel, de tels tête-à-queue dans le cartel électoral de gauche ?
Le NFP modelé par les règles électorales
Il y a des facteurs organisés institutionnellement. L’exception française qu’est le scrutin uninominal à deux tours en est un. Il combine allégeance nationale et démagogie locale, produisant des expressions hors sol, mais, malheureusement aussi, des conduites médiocres et fuyantes. Sans oublier les facteurs circonstanciels.
Le NFP reste dans l’étau Hollande — Mélenchon. Le second doit sa place sur le podium au déclassement en 2015-2016 du premier. Dix ans plus tard, les mêmes rivalisent dans leurs visées d’administration de « l’État providence », administration « de rupture » pour le second au nom du refus du réalisme du premier.
Qui voudrait desserrer cet étau par un recours à une personnalité providentielle – Castets, Ruffin, etc. – méconnait la double détermination qui pèse sur la gauche européenne. Sa panne de renouvellement durera si elle ne rompt pas avec une conception qui en a fait un rouage de l’État vers la société. Montent dans la société des aspirations et des besoins nouveaux. D’où la formation nécessaire d’un bloc liant classes populaires et couches moyennes dans une nouvelle avancée des droits des citoyen·nes.
Mars 2026, moment de fondation essentiel
Les élections municipales sont le moment dans lequel l’Alliance pour une République Écologique et Sociale peut avancer sur cet objectif.
Tactiquement, le choix suicidaire de JLM 2027 d’imposer un cavalier seul LFI à Marseille, Amiens, etc. doit avoir une réponse unique et univoque : l’établissement d’un cordon sanitaire pur et simple. Ses listes insoumises ne sont plus qu’un leurre masquant l’enjeu central du 15 mars à gauche.
Les élections municipales 2026, dans leur forme, se présentent comme toutes les élections municipales du régime instauré en 1983. Sur le fond et dans les enjeux, ces élections municipales ne sont comparables à aucune des précédentes. L’assaut du lepénisme sur les décombres du parti de Chirac y est à un tournant. La recentralisation en cours depuis 2002 a maintenant réduit à zéro l’autonomie communale.
C’est donc avec les socialistes, les écologistes, les communistes et avec tous les privé·es de gauche que l’Alliance peut agir dans les toutes prochaines semaines. En constituant des assemblées citoyennes de gauche pérennes.




