En octobre 2011, l’ETA a cessé son activité armée au Pays basque. Des initiatives ont tenté de pousser Paris et Madrid à répondre aux avancées du processus, notamment la restitution des armes détenues par l’ETA. Ce sont des membres de la société civile qui ont pris la responsabilité de mettre hors d’usage une partie de l’arsenal. Iels ont été arrêté·es, pour cela, en décembre 2016. Iels seront jugé·es à Paris, au mois d’avril 2024.

Procès de Louhossoa : Relaxe pour ouvrir définitivement une nouvelle page en Pays Basque !

Par Jean-Marie Fouquer et Richard Neuville. Le 4 février 2024.

Sept ans après les faits, les 2 et 3 avril 2024, Jean-Noël Etcheverry et Béatrice Molle Haran seront jugé·es par le tribunal correctionnel de Paris.

Iels devront répondre de « détention et transport d’armes » pour le compte d’ETA1ETA ou Euskadi ta Askatasuna.

Ces armes ont été retrouvées le 16 décembre 2016 à Louhossoa (Pyrénées-Atlantiques), chez Béatrice Molle-Haran au cours d’une vaste opération de police transfrontalière. Les deux prévenu·es ont été arrêté·es ainsi que de Michel Berhocoirigoin, Michel Bergouignan et Michel Tubiana (ces trois derniers étant aujourd’hui décédés).

Ils faisaient partie de celle et ceux qu’on a appelé·es « les artisans de la paix », interpellé·es alors qu’ils étaient en train de neutraliser un stock d’armes d’ETA.

En effet, ces personnalités issues de la société civile du Pays Basque et d’ailleurs, publiquement connues pour leur engagement non-violent, venaient suppléer à l’absence d’initiatives de Paris et de Madrid pour accompagner ETA qui avait décidé, cinq ans auparavant, de mettre définitivement fin à la lutte armée.

Les deux États avaient, au contraire, poursuivi la répression à son encontre, les politiques de dispersion et d’exception à l’égard des prisonniers basques, et même pris des initiatives empêchant l’organisation ETA de procéder au démantèlement ordonné et sécurisé de son arsenal.

Cette action fut applaudie et soutenue par la majorité de la société basque et de ses représentants de toutes sensibilités politiques.

C’était le début du processus de paix au Pays basque. Quelques mois plus tard, en 2018, le groupe terroriste basque annonçait sa dissolution.

Lors du procès, les avocat·es plaideront la relaxe. Pour eux, comme pour les « Artisans de la paix » – l’association qui milite pour la paix au Pays basque – il ne fait aucun doute que les deux prévenu·es doivent être relaxé·es, car iels étaient ce jour-là en train de neutraliser des armes de l’organisation terroriste. Ce 16 décembre a été l’étincelle qui a conduit au désarmement total.

C’est ce que réclame le « webdomadaire » d’actualité abertzale2Le terme abertzale en basque signifie « amant de la patrie », « patriote » ou « partisan de la patrie », et désigne généralement des personnes ou des groupes politiques associés au nationalisme basque. et progressiste Enbata.info « Procès de Louhossoa : Relaxe pour ouvrir définitivement une nouvelle page en Pays Basque ! »

Les  « Artisans de la paix » et la Ligue des Droits de l’Homme diffusent ce manifeste, sous le même titre : « PROCÈS DE LOUHOSSOA : Relaxe pour ouvrir définitivement une nouvelle page en Pays Basque ! » accompagné de la liste des premiers signataires.

Ils en ont fait une pétition. Nous vous invitons à la signer et à la faire connaitre largement.
Notes
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    Le terme abertzale en basque signifie « amant de la patrie », « patriote » ou « partisan de la patrie », et désigne généralement des personnes ou des groupes politiques associés au nationalisme basque.