L’État d’Israël enfreint de multiples règles et obligations prévues par le droit international et ne prévient pas le crime de génocide. Cependant, l’Union européenne n’a toujours pas suspendu son accord d’association avec lui. Pourtant, des sanctions commerciales pourraient contraindre Israël à respecter le droit international. L’inaction européenne n’est pas justifiable.
Exiger la suspension totale de l’accord d’association UE-Israël
Par Jean-Marie Fouquer. Le 10 février 2026
Selon la Commission européenne, l’État d’Israël est responsable d’un nombre sans précédent de morts et de blessés parmi les civils, de déplacements à grande échelle de la population et de la destruction systématique des hôpitaux et des installations médicales à Gaza. 1https://euobserver.com/eu-and-the-world/ar0246a0da. Israël a également mis en place un blocus de l’aide humanitaire, qui pourrait s’apparenter à un recours à la famine comme méthode de guerre. Israël enfreint de multiples règles et obligations prévues par le droit international, et ne prévient pas le crime de génocide, contrairement à ce qui a été ordonné par la Cour internationale de justice.2https://www.icj-cij.org/fr/node/203447
Pourtant, l’Union européenne n’a toujours pas suspendu son accord d’association avec Israël, lequel constitue la pierre angulaire de la coopération bilatérale entre l’UE et Israël en matière de commerce, d’économie et de politique.
Les citoyens de l’Union européenne ne sauraient tolérer que celle-ci maintienne un accord qui contribue à légitimer et à financer un État commettant des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre.
Par conséquent, nous appelons la Commission à présenter au Conseil une proposition de suspension totale de l’accord d’association UE-Israël.
Nous vous invitons à signer cette initiative citoyenne européenne pour suspendre l’accord d’associaiton UE-Israël.
Faites-la connaitre autour de vous !
Pourquoi est-ce important ?
Dès le mois de juillet 2025, SOMO – une ONG néerlandaise – avait effectué la démonstration : l’UE est le premier investisseur en Israël. Le site de l’AURIP3Association des Universitaires pour le Respect du Droit International en Palestine s’en est fait l’écho.
Le mardi 15 juillet, les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne (UE) se réunissent à Bruxelles pour décider s’il convient d’imposer des sanctions à Israël. Il s’agit d’un moment crucial pour l’UE, qui doit tracer une ligne rouge et cesser d’injecter des milliards d’euros dans l’économie israélienne, alimentant ainsi le génocide et l’occupation. L’analyse de SOMO sur le commerce et les investissements étrangers vers et depuis Israël révèle à quel point les économies européenne et israélienne sont étroitement liées. Sur la base de cette analyse, SOMO appelle à la suspension immédiate de l’accord d’association UE-Israël, ainsi qu’à un embargo total sur les armes, à des sanctions économiques étendues et à la responsabilisation des entreprises.
Pour en avoir confirmation : « Sanctions économiques immédiates : l’UE est le premier investisseur en Israël »
Pourquoi est-ce urgent ?
Une coalition de plus de 80 ONG dirigée par Oxfam a lancé le 15 septembre 2025 la campagne « Stop au commerce avec les colonies », pour demander aux États européens d’interdire le commerce avec les colonies israéliennes de Cisjordanie et de Jérusalem-Est. Dans un rapport, elles accusent certaines entreprises européennes de soutenir, de manière directe ou indirecte, l’occupation israélienne qui s’est fortement accélérée ces deux dernières années, en continuant leurs activités dans ces colonies.
La campagne cible des entreprises qui commercent, ou ont récemment commercé, avec les colonies israéliennes : JCB (R.-U.), Barclays Bank (R.-U.), Siemens (Allemagne), Carrefour (France), Maersk (Danemark), Tui (Allemagne), eDreams Odigeo et Opodo (Espagne).
Le rapport « Commerce avec les colonies illégales» souligne comment des sociétés et des États étrangers, par le maintien de leurs activités commerciales avec les colonies illégales, contribuent directement à la crise humanitaire causée par l’occupation prolongée d’Israël.
Il vise spécifiquement le commerce avec les colonies en raison de l’oppression continue et croissante d’Israël envers les Palestinien.ne.s de Cisjordanie (y compris Jérusalem-Est), de la fragmentation de son économie et de l’affaiblissement de la viabilité d’un futur État palestinien. Mettre fin aux activités commerciales avec les colonies est une étape essentielle au respect des droits de la personne, à la protection des moyens de subsistance palestiniens, à l’arrêt de l’expansion des colonies israéliennes et à la fin de l’occupation illégale. […]
Des précisions sur les activités des entreprises citées ci-dessus figurent dans l’article : « Commerce avec les colonies illégales : comment les Etats et entreprises étrangères permettent à Israël de mettre en œuvre sa politique de colonisation illégale »
Le rapport complet est également disponible ici : « Commerce avec les colonies illégales »
Quel impact pourraient avoir de telles sanctions ? Quels secteurs faut-il viser ?
C’est à ces questions que Mohamed Bahlali – postdoctorant en économie, Aix-Marseille School of Economics – tente de répondre sur le site de Yaani.
Alors que le génocide perpétré par Israël à Gaza se poursuit depuis presque deux ans dans une impunité quasi-totale, l’Union Européenne n’agit toujours pas. Pourtant, des sanctions commerciales coordonnées pourraient fortement impacter l’économie israélienne et contraindre Israël à respecter le droit international. Face à l’horreur de la situation à Gaza, l’inaction européenne n’est plus justifiable. […]
La démonstration est sans appel : « Quelles sanctions commerciales contre Israël ? »
Un article récent (4 janvier 2026) de publié sur le site de The Conversation, complète sa démonstration.
Il y répond à une question que nous nous posons souvent : « En quoi pourraient consister des sanctions économiques de l’UE contre Israël, et quels effets auraient-elles ? »
Un enjeu évident
Renoncer aujourd’hui au levier que constituerait l’adoption de sanctions vis-à-vis d’Israël reviendrait à abandonner une fois de plus la population palestinienne. L’Union européenne va-t-elle rester spectatrice d’un drame humain qu’elle a les moyens d’infléchir ?
Notes
- 1
- 2
- 3Association des Universitaires pour le Respect du Droit International en Palestine







