Une pétition contre la loi Duplomb a recueilli plus de deux millions de signatures. Preuve du refus d’un modèle tourné vers la surproduction agricole au détriment de la santé publique. Le Conseil constitutionnel a censuré partiellement le texte. Mais, le sénateur Duplomb propose une nouvelle loi pour réautoriser deux pesticides.

Loi Duplomb : le retour !

Par Jean-Marie Fouquer. Le 14 février 2026.

La loi Duplomb a été contestée sur le fond et la forme par de nombreux citoyen·nes et paysan·nes. Cette contestation s’est exprimée par une pétition inédite et historique de plus de deux millions de signatures.

Parallèlement, trois groupes de parlementaires avaient saisi le Conseil constitutionnel entre le 11 et le 18 juillet 2025. Cette saisine a été appuyée par diverses interventions volontaires extérieures, dont celle de la Confédération paysanne. Cela montre qu’un syndicat professionnel agricole – porteur de l’intérêt collectif des paysan·nes – s’oppose, lui aussi, à ce projet.

Cette mobilisation sans précédent a montré le refus clair d’un modèle agricole tourné vers la surproduction agricole au détriment de la santé publique.

Le Conseil constitutionnel a décidé, le 7 août 2025, de censurer partiellement le texte en excluant l’article 2 permettant la réautorisation de l’acétamipride.

Mais, le sénateur Laurent Duplomb persiste : il a déposé une nouvelle proposition de loi visant à réautoriser deux pesticides interdits en France, l’acétamipride et le flupyradifurone.

À l’occasion, la propagande réactionnaire, déjà déployée lors de la première loi Duplomb, ressurgit. Alors que les dangers de l’acétamipride sont nombreux et étayés, les agro-industriels tentent de s’appuyer sur une rhétorique fallacieuse. Ils prétendent représenter la parole scientifique.

Pourtant, ce n’est pas le point de vue de Jean-Marc Bonmatin spécialiste français des néonicotinoïdes, chimiste et toxicologue. Il se montre très critique dans un article de Reporterre

Ce que dit l’Efsa1Agence européenne pour la sécurité alimentaire, c’est qu’on n’a pas la certitude que ça n’a pas d’effet sur le neuro-développement. Mais on en sait assez selon moi pour appliquer le principe de prévention. Par exemple, on a trouvé de l’acétamipride dans l’urine de nouveau-nés, et que ceux qui avaient les taux les plus élevés étaient de plus faible poids. Une autre étude a montré qu’on en trouvait dans le liquide céphalo-rachidien des enfants. On a donc un neurotoxique qui atteint le système nerveux central humain.

Plus de 80 organisations écologistes, paysannes, syndicales et plusieurs scientifiques ont appelé à manifester dans tout le pays, les 7 et 8 février « pour protéger notre santé, l’environnement et les paysans». Ils ont publié une tribune, le 3 février : « Non à la loi Duplomb, et non à une Duplomb 2 ! »

Un grand rassemblement s’est tenu, le 11 février, près de l’Assemblée nationale, jour du débat sur la pétition contre la loi Duplomb.

Parallèlement, une nouvelle pétition a été lancée sur le site de l’Assemblée nationale : « Non c’est Non, Monsieur Duplomb ! »

La pétition a déjà dépassé les 200 000 signatures.
Nous appelons à la signer et à la faire signer largement.
Non c’est Non, Monsieur Duplomb !
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Notes
  • 1
    Agence européenne pour la sécurité alimentaire